‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 222 sur 358 · Méditations chrétiennes, I · texte numérisé non relu

Méditations chrétiennes, I

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cartésienne qui subordonne rintelligenco divine à la volonté divine ! son Dieu n'est qu'une puissance intelligents et non une bopté libre. Gomme puissance infinie/ Dieu absorbe en lui toute l'activité ; conune intelligence infinie, il agit en vue de Tordre upiversel par des voies générales, et sacrifie, s'il le faut, la partie au tout. Le monde , selon Malebranche , est le meilleur des mondes possibles en tant que tout y est soumis à des règles et à des lois : comme Platon et les idéalistes, Malebranche ne se {«^éoccupe que de l'unité et de cette subordination du multiple à l'unité qui constitue Tordre. Dieu, pour donner au monde ce ouactère dHmité, agit par les voies les plus simples et les plus gtoérales, et il se soucie moins de la perfection dans son ouvrage que de la perfection dans ses voies, qui est sa propre perfection et sa propre gloire. Il est des êtres dont Timperfeetion ou le malheur flOnI nécessaires à la simplicité des voies divines et à la symétrie du monde : € Il y à des défauts dans son ouvrage, des monstres € parmi les corps, et une infinité de pécheurs et de damnés ; c'est « qu'il ne peut y avoir de défauts dans sa conduite, c'est qu'il ne « doit pas former de dessein indépendamment de ses voies. Il a tout « fait pour la beauté de Tunivers et le salut des hommes, tout ce « qu'il peut faire, mais agissant comme il doit agir, agissant pour « sa gloire selon tout ce qu'il est (1). » Singulière gloire, que celle de la symétrie achetée au prix de la bonté ! Le dieu de Malebranche est un éternel géomètre et un éternel artiste : il n'est point la volonté éternellement bonne ; c'est un Dieu intellectuel, non un Dieu moral.

Pourtant, Malebranche se préoccupe de la morale, et consacre un traité à cette science. Il ne voit pas qu'il a commencé par supprimer en Dieu et dans Thomme, avec la liberté vraie, le principe de la vraie moralité.

IV. Dans sa morale, Malebranche blâme d'abord, non sans raison, ceux qui rejettent absolument toute considération de finalité : si la physique, dit-il, n'a pas besoin des causes finales, la morale en a besoin. — Rien de plus vrai; mais quelle sera la cause finale? — Malebranche répond par le terme vague et neutre de la perfection^ qui rappelle le mot neutre et impersonnel des Grecs : to àyaôôv. Cette perfection, Malebranche ne peut la concevoir que d'une conception tout intellectuelle et non morale : aussi

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