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Mais, dira-t-on, pourquoi le principe des indiscernables, à son tour, est-il nécessaire ? Comment la bonté divine peut-elle être soumise à cette loi logique, sorte de nouveau destin ? — Leibniz ne l'explique pas. Son optimisme embellit le monde, sans parvenir à justifier Dieu.
L'optimisme de Leibniz a pour conséquence la conciliation des causes efficientes et des causes finales. Spinoza avait rejeté ces dernières comme inutiles ; Leibniz, lui, n'admet pas que l'explication des effets par leurs causes exclue Texplication des moyens par leurs fins. De ce que le mouvement d'une aiguille sur un cadran est un effet qui s'explique par les rouages de la montre, il n*en résulte pas que ce mouvement ne soit point aussi une fin voulue par l'ouvrier ; la série des rouages, en même temps qu'elle est une série de causes et d'effets, n'a besoin que d'être reprise en sens inverse pour devenir une série de moyens et de fins. Telle est la nature entière : tout être agit et fait effort ; c'est le principe de la causalité universelle. Tout effort suppose une fin et n'est au fond qu'un désir ou une appétition : c'est le principe de la finalité universelle. « Les âmes agissent selon les lois des (( causes finales, par appêtitions, fins et moyens. Les corps ft agissent selon les lois des causes efficientes ou des mouvements. « Les deux règnes, celui des causes efficientes et celui des causes ft finales, sont harmoniques entre eux (1). »
La tendance de l'activité à sa fin ne résultant point d'une contrainte extérieure, mais d'une spontanéité intérieure, on peut dire que les moyens se disposent d'eux-mêmes en vue de la fin, comme cela a lieu dans les êtres vivants. Le désir, selon Leibniz, ne subit de contrainte que de la part des obstacles qui le contrarient ; mais en lui-même, dans ce qu'il a de positif, il est spontanéité. C'est pourquoi, si le monde semble offrir un caractère de nécessité physique lorsqu'on le considère dans renchaînement de ses causes et de ses effets, il offre un caractère de contingence métaphysique lorsqu'on le considère dans l'enchaînement de ses moyens et -de ses fins. Les choses, à la rigueur, pourraient ne pas être, bien que certainement elles doivent être. Elles ne sont pas comme poussées par derrière, elles vont d'elles-mêmes en avant; au lieu d'une impulsion extérieure, c'est un attrait intime. Leibniz reproduit ainsi la grande conception d'Aristote, selon la-