‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 248 sur 358 · Théodicée, p · texte numérisé non relu

Théodicée, p

MORALBf DE LBIBNIZ.

« donc Tétat présent vient de la série des choses, de rharpionié '** ^ « universelle : l'harmonie universelle vient des idées éte^to^^~;^^To ' « et immuables; les idées, contenues dans l'entendement di a viennent d'elles-mêmes, sans nulle intervention de la volonté <c divine; car Dieu ne pense pas parce qu'il veut, mais parce « qu'il est (1). » Cette génération du mal, qui le fait découler de la nature divine, nous ramène à la théorie de l'émanation, et Dieu ne semble plus autre chose que la Nature elle-même, conçue dans son unité primitive, d'où émanent les formes premières des choses. Aussi Leibniz finit-il par représenter le mal moral conune nécessaire à l'existence de Dieu même : — « Supprimez « les péchés, dit-il, toute la série des choses aurait dû changer ; la « série des choses étant supprimée ou changée, la dernièrea raison « des choses, c'est-à-dire Dieu, sera enlevée aussi et changée (2). » Spinoza ne parlait pas autrement, et Leibniz aboutit comme lui à une prédestination rigide qui ressemble fort au fatalisme.

Malgré cela, Leibniz continue de soutenir que le péché est parfaitement libre, et, mêlant mal à propos les dogmes théologiques aux spéculations métaphysiques: « Personne n'est damné, « dit- il, que par lui-même, et ne persévère dans son état de mi- « sère que par sa propre volonté (3). » D'autre part, cependant, il demeure vrai, selon lui, de dire que le mal devait être, et que Dieu lui-même l'a décrété. « Ce que Dieu prononce regarde toute « la suite à la fois, dont il ne fait que décréter l'existence. Pour « sauver d'autres hommes ou autrement, il aurait fallu choisir « line tout autre suite générale, car tout est lié dans chaque suite... « Dieu choisit le meilleur absolument. Si quelqu'un est méchant et « malheureux avec cela, il lui appartenait de l'être (4). » Ainsi Dieu décrète nos erreurs, nos crimes et notre malheur I Un tel décret, pourrait-on répondre, ne saurait s'expliquer que de deux mjinières : — ou bien les crimes sont bons et nécessaires, et alors pourquoi nous en punir? Dieu devrait plutôt nous récompenser pour avoir joué docilement notre rôle dans le meilleur monde possible; ou les crimes sont mauvais, et alors Dieu, qui en est par son décret le véritable auteur, renferme en lui-même le mal. Il est vrai qu'ailleurs Leibniz prononce des paroles moins dures et exprime l'espérance qu'un jour toutes les créatures seront

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