‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 249 sur 358 · Tkéodicée, I, paragraphe 84, II, paragraphe · texte numérisé non relu

Tkéodicée, I, paragraphe 84, II, paragraphe

sauvées, comme l'ont cru les Persans et les Manichéens ; mais il reste toujours à expliquer comment le mal, même provisoire, se concilie avec la puissance et la bonté divines ; Leibniz ne Texplique pas.

Toutes ces hésitations font regretter le mélange de théologie et de philosophie que Leibniz a si souvent introduit dans ses livres et en particulier dans ses Essais de Théodicée. Même en laissant de côté la partie théologique, il reste une conception philosophique de Dieu peu satisfaisante : le Dieu de Leibniz demeure trop esclave des fatalités de la logique ou de la mécanique : il ne manifeste pas une bonté vraiment libre. Tel est le principal défaut de ce grand système où Leibniz cherchait à faire tout rentrer. Leibniz a bien vu la nécessité de concilier Tordre physique et Tordre moral; mais il n'a eu de ce dernier qu'une notion incomplète, parce qu'il n*a pas saisi assez fortement la liberté ni dans Thomme nien Dieu. Sa philosophie, en définitive, est plus intellectuelle que morale : la conception de Tuniverselle activité et de Tuniverselle raison y est admirablement développée ; la notion de la vraie moralité n'y est encore qu'en germe.

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