‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 293 sur 358 · Ibid, II, IV · texte numérisé non relu

Ibid, II, IV

« s'impose une loi qu'il ne puisse enfreindre... Il n'y a ni ne peut

< 7 avoir nulle espèce de loi fondamentale obligatoire pour le « corps du peuple. Un peuple est toujours le maître de changer <c ses lois... (1) 9

L'objet que toute loi se propose ou doit se proposer est le plus grand bien de tous, qui consiste dans la liberté et dans l'égalité, c Si Ton cherche en quoi consiste précisément le plus « grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de légis- « lation, on trouvera qu'il se réduit à ces deux objets principaux, « la liberté et l'égalité. La liberté, parce que toute dépendance « particulière est autant de force ôtée au corps de TÉtat; Tégalité, <c parce que la liberté ne peut subsister sans elle. Il ne faut pas a entendre par ce mot que les degrés de puissance et de richesse «c soient absolument les mômes ; mais que, quant à la puissance, (( eUe doit toujours être au-dessus de toute violence et ne « s'exercer jamais qu'en vertu du rang et des lois, et, quant a à la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour en c pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint « de se vendre.. . Voulez*vous donc donner à l'État de la consistance? K Rapprochez les degrés extrêmes autant qu*il est possible ; ne « souffrez ni des gens opulents ni des gueux. Ces deux états, natu- « rellement inséparables, sont également funestes au bien corn- « mun : de l'un sortent les fauteurs de la tyrannie et de l'autre « les tyrans ; c'est toujours entre eux que se fait le trafic de la h-

< berté pubUque; l'un l'achète, l'autre la vend... C'est préciséc ment parce que la force des choses tend toujours à détruire l'é- « galité que la force de la législation doit toujours tendre à la « maintenir (2). »

Avant Rousseau, on confondait la souveraineté de l'État et le gouvernement ; Rousseau fait voir que l'Etat est seul souverain et que le gouvernement est simplement un ensemble d'hommes auxquels tous confient le soin de faire exécuter la volonté générale. « Qu'est-ce donc que le gouvernement ? Un corps intermé- « diaire établi entre les sujets et le souverain (c'est-à-dire la « nation), pour leur mutuelle correspondance, chargé de Texé- <c cution des lois et du maintien de la liberté, tant civile que « politique. » Les gouvernants ou magistrats ne sont que les <c commissaires de la nation. »

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