‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 310 sur 358 · I. - lAIRE DE BIRAR · texte numérisé non relu

I. - lAIRE DE BIRAR

I. Méthode de réflexion. — La Traie méthode de la philosophie est celle qui se préoccupe du sujet actif et pensant, non des objets sur lesquels Jexerce l'activité et la pensée. Le procédé essentiel de cette méthode est la réflexioUy par laquelle le moi prend conscience de lui-même. Maine de Biran oppose ce procédé de la vraie psychologie à Tobservation supe^ ficielle des phénomènes intérieurs, telle que l'entendent les Ecossais et les Anglais, et à la spéculation sur les substances transcendantes telle que l'a pratiquée l'ancienne ontologie. — II, Résultat de la méthode psychologique: conscience de la volonté, — La réflexion aboutit à la conscience de la volonté, qui est plus intime au moi que la pensée même. Il ne faut pas dire seulement ; Je pense, donc je suis, mais : Je veux, donc je suis. - La coDScience de vouloir est la conscience d'être caitëe : elle est l'origine de ridée de cause. — Le moi, qui se saisit intérieurement comme cause, s'ignore absolument comme substance. La cause, c'est le sujei actif; la substance, c'est un objet qui servirait de support au sujet même: un tel objet nous échappe. — Quant au principe de causalité universelle: « tout changement a une cause », il est une induction et une extensioa au dehors de la causalité qui est en nous. — L'intelligence n*est qu'une forme de la volonté : percevoir, c'est mouvoir ; avoir la conscience de soi, c'est a^ir ; avoir la raison, c'est étendre et attribuer à tous les êtres l'activité qui est en nous-mêmes. — III. Développement gradid de la volonté à travers les « trois vies, » — 1» Vie inférieure et animale, consistant dans des affections passives et dans des représentations oa images : c'est la vie inconsciente de l'animal, qui subsiste encore chei l'homme. — 2» Vie moyenne et proprement humaine, consistant dans la perception des objets et dans la réflexion du sujet sur lui-même. Perception et réflexion sont inséparablement liées dans le « fait primitif de conscience », qui est « l'eff'ort moteur. » Maine de Biran essaye de prouver contre Hume que nous avons conscience de notre force motrice, c'est-à-dire d'une puissance de mouvoir en connexion immédiate avec une résistance. Le moi se pose par l'eflbrt, en rencontrant l'opposition du non moi. Maine de Biran finit par réduire le moi tout entier à la conscience de l'eff'ort, la volonté à la force motrice. Il n'insiste pas assez sur la volonté véritable, qui réside dans la liberté morale et non dam l'effort physique. — 3» Vie divine. Aussi, lorsque Maine de Biran sent le besoin de concevoir une vie supérieure à celle de Teffort matériel, au lieu de se la représenter comme l'exaltation et l'union des personnalités, il se la représente comme Tabolition de la personnalité, comme lab^ sorption du moi et de la conscience humaine dans la grâce divine. De là le mysticisme auquel, dans la dernière période de son existence, aboutit Maine de Biran.

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