IIL - LE POSITIVISME
Les doctrines sociales de Saint-Simon, jointes au naturalisme de Cabanis et de Broussais, donnent naissance au positivisme d'Auguste Comte. — I. Méthode positiviste,.— Elle consiste à ne s'occuper que des faits et de leurs relations. Les faits sont les phénomènes qu'on peut constater par l'expérience. Auguste Comte admet, sans le prouver, que la seule expérience est celle des sens, que la psychologie est impossible et que tout se réduit à la physiologie. — Les relations entre les faits, selon le positivisme, sont celles de succession et de simultanéité dans l'espace et dans le temps. Auguste Comte admet, sans le prouver, qu'il n'existe aucune autre sorte de relations. Il rejette celles de la cause à l'effet et du moyen à la fin. — IL Doctrines positivistes, — Philosophie de l'histoire : loi des trois états par lesquels passe la connaissance humaine. Etat théologique, état métaphysique, état scientifique. — Morale : négation du devoir absolu et du droit. Réaction contre la tradition française du xvill® siècle ; la science des mœurs fondée sur 1' a altruisme. » — Politique : Auguste Comte veut « organiser la société par la science ; » il supprime la liberté individuelle au profit d'une aristocratie intellectuelle.
La philosophie du XIX® siècle, comme celle du xvili® siècle, poui*suit l'amélioration des lois civiles et des conditions individuelles, c'est-à-dire Je progrès social. — Opposition des économistes et des socialistes. — Les économistes placent leur espérance de progrès social dans le jeu naturel des intérêts, qu'ils croient harmoniques. « Laissez faire, laissez passer. » Optimisme exagéré des économistes. — Pessimisme des socialistes. Leurs efforts pour renouveler la société de fond en comble — I. Le saint-simonisme. — - Réhabilitation de la chair. Amélioration du sort des classes pauvres. Organisation de la société par voie d'autorité. Saint-Simon confie successivement l'autorité suprême à la science, à l'industrie et enfin à une religion nouvelle. Répartition des produits du travail : à chacun suivant sa capacité, et à chaque capacité suivant ses œuvres. Négation du droit d'hérédité, et attribution de la justice distributive au gouvernement. — II. Le fouriérisme. Le socialisme, qui était autoritaire chez Saint-Simon, devient libéral chez Fourier. Une seule loi régit l'univers : l'attraction. Newton a découvert l'attraction matérielle, Fourier y ajoute 1' « attraction passionnelle «, qui resuite du libre jeu des passions humaines. Tous les maux de la société actuelle naissent des passions contrariées ; Tharmonie à venir naîtra des passions émancipées. Cette harmonie a pour moyen l'association des travailleurs. Cette
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association sera libre. Le travail sera rendu attrayant par sa liberté, par sa variété et par son peu de durée. Mode de distribution des produits : elle aura lieu en raison composée t du capital, du travail et du talent. > Importance de l'idée d*association. — III. Le mutuellisme. Proudhon emprunte à Hegel sa méthode dialectique, procédant par thèse, antithèse et synthèse. — Le progrès de l'humanité s'accomplit conformément à cette méthode : il est à Ta fois libre et nécessaire. — La morale est fondée sur la justice, et la justice est la mutualité des services. — Thèse de la propriété et antithèse delà communauté. Essai de conciliation par l'idée de mutualité. — Suppression progressive de TEtat, remplacé par des associations de travailleurs. — Conclusion. Mouvement irrésistible lequel les sectes de réformateurs se rapprochent peu à peu de l'idée du par droit, qu'elles avaient niée d'abord.