‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 316 sur 358 · II. - VICTOR COUSIN ET L'ÉCLECTISME · texte numérisé non relu

II. - VICTOR COUSIN ET L'ÉCLECTISME

Laromiguière, tout en continuant la tradition de Condillac, avait modifié sur un point important le système de son devancier : la sensation passive est, selon lui, insuffisante pour rendre compte des opérations de l'âme, et il y faut ajouter l'attention, qui est active. Sensation et attention, en se combinant, expliquent tout. Royer-CoUard, allant plus loin, avait abandonné entièrement Condillac, auquel il opposait, sans y rien ajouter d'ailleurs, les conclusions de la psychologie écossaise. Victor Cousin continua cette sorte de réaction, souvent exagérée, contre les méthodes analytiques du XVIII* siècle, et, mêlant à la philosophie trop timide de l'Ecosse quelques spéculations empruntées soit à Platon et aux Alexandrins, soit à Schelling et à Hegel, il conçut la pensée de substituer aux systèmes philosophiques un choix de vérités enlevées aux diverses doctrines, avec le sens commun pour guide. C'est cette méthode que Victor Cousin appela l'éclectisme (i).

Selon lui, les systèmes auxquels on peut faire des emprunts se rangent en quatre classes : le sensualisme ramène tout aux objets de la sensation ; l'idéalisme aux objets de la conception rationnelle ; le scepticisme élève son doute sur les ruines de ces deux systèmes contraires, et enfin le mysticisme remplace le doute de la raison par une foi plus ou moins aveugle fondée sur

Page 1