‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 324 sur 358 · I. - FICHTE · texte numérisé non relu

I. - FICHTE

Le système de Fichte (1) pourrait être appelé la philosophie de la liberté. Eant avait montré que c'est la liberté qui est le principe

1. Principaux ouvrages : Doctrine de la science (traduit par Grimblot) ; Destination de l'homme (traduit par Barchou de Penhoën) ; Méthode pour arriver à la vie bienheureuse (traduit par Fr. Bouillier) ; Considérations sur la Révolution française (traduit par Barni). Dans ce dernier livre, ouvrage de sa jeunesse, Fichte entreprend de démontrer, par les principes

absolu ; Fichte s'efiorce de faire comprendre en quoi consiste cette liberté.

n y a en effet, selon Eant lui-même, deux espèces d'objets: ce qui est et ce qui doit être ; de quelle espèce est l'absolu •

La vieille métaphysique s'intitulait science de l'être et se croyait par là science de l'absolu ; mais la révolution opérée par Eant a déplacé l'absolu pour le faire résider dans ce qui doit être : car l'absolu véritable est moral. Il faut donc^ dit Fichte, subordonner ce qui est à ce qui doit être, et non ce qui doit être à ce qui est ; c'est Yidéal qui constitue la suprême réalité. D'après cela, faut-il concevoir la liberté, qui est l'absolu, comme une chose toute faite, toute réalisée, dont on pourrait dire : elle est; ou n'est-ce pas plutôt une activité qui se fait, qui se réalise, et dont il faut dire : elle doit être ? — La vieille métaphysique se figurait l'absolu comme un être achevé, comme une substance immobile, conséquemment comme une chose, et elle ne voyait pas qu'une telle substance serait la matière inerte, non Tespril actif. L'absolu, selon Fichte, c'est ce qui se produit soi-même, ce qui tend à se réaliser par un développement sans fin ; or la tendance ne se conçoit qu'en vue de l'idéal, du bien, de ce qui doit être ; par conséquent, si la liberté absolue tend à se réaliser et à être, c'est qu'elle doit être, c'est qu'elle est l'idéal, le bien, en un mot le devoir. Kant n'a-t-ii pas déjà ramené à l'unité la liberté et le devoir en proclamant l'autonomie de la liberté, c'est-à-dire la loi que se fait la liberté d'être libre ? Renversons donc de nouveau, comme Copernic, le centre d'attraction du monde ; ce centre d'où nous venons et auquel nous tendons n'est pas Vétre, mais le devoir ; c'est un idéal qui n'est pas, mais qui doit être. Philosopher, dit Fichte, c'est se convaincre que l'être n'est rien, que le devoir est tout.

L'idée morale du devoir, et l'idée de la liberté ou du moi véritable, c'est tout un. Notre « moi absolu », non celui qui est actuellement et s'apparaît à lui-même sous une forme individuelle et bornée, mais celui qui doit être et qui sera, dans son infinité et son universalité, voilà le principe et la fin du monde. Philosopher, c'est prendre conscience de ce moi vraiment

de Jeaa-Jacques Rousseau et par les règles du contrat social, la légitimité de la Révolution française, le droit de révolution et le droit de sécession : c'est une théorie individualiste. Dans un de ses derniers ouvrages, VEtcit commercial fermé, Fichte expose au contraire des théories socialistes qui rappellent celles de Fourier.

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