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LA PHILOSOPHIE DE LA NATURE

Du muet abîme de l'espace, que remplit l'activité encore indéterminée, le temps fait sortir le mouvement : ainsi naît la matière. La matière tendant à l'individualité se manifeste par l'attraction universelle ; de là, selon Hegel, les premiers corps célestes, ébauches lointaines de l'individualité ; de là le système sidéral, société rudimentaire qui préfigure la société humaine. Ce qui était d'abord simple mécanisme, en se compliquant, devieut chimie, puis organisme. La plante est un individu incomplet et

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encore divisible : chaque végétal est une nation, chaque arbre i une forêt. L'animal a une individualité plus réelle. Pour nourrir sa vie propre, il s'assimile d'autres individus : l'égoïsme est la loi de la vie organique. Cet égoïsme se détruit lui-même par la mort, qui en est comme le châtiment. L'être vivant voudrait \ toujours vivre, mais l'universelle pensée dont il n*est qu'un moment s'afîranchit de lui en le faisant périr: la matière, en efiet, est impuissante à réaliser l'absolu dans sa plénitude, et la

perpétuelle démo;istration de cette impuissance, c'est la mort.

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