‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 342 sur 358 · PSYCHOLOGIE ANGLAISE · texte numérisé non relu

PSYCHOLOGIE ANGLAISE

merce aveé la matière ? Quelle est la marque de fabrique par .laquelle nous reconnaissons nos produits au milieu des produits étrangers? — Ici Stuart Mill trahit son embarras., BbIou lui, l'objet et le sujet, la matière et le moi, sont simpleiçèat des a possibilités permanentes » ; la possibilité d'être senti, 'p^â^t la. ^ matière ; la possibilité de sentir, c'est le moi — Mais cette î^é0,de possibilité ne se comprend que par l'idée de puissance activè,-4.ài 'C \ î pourtant a été tout d'abord bannie du système. De plus, même" " dans cette hypothèse, comment distinguerons-nous les possibilités extérieures et nos propres puissances, le non-moi et le moi î — La dernière réponse de Stuart Mill est que le corps est une cause inconnue de sensations, tandis que l'esprit est un récipient inconnu de sensations. Mais, demandera-t-on de nouveau, si les deux termes sont également inconnus, comment pouvons-nous les distinguer l'un de l'autre ?

Un disciple de Stuart Mill, M. Bain, fournit une meilleure réponse en disant que le contraste du sujet et de l'objet vient du contraste entre l'activité et la sensation passive. Stuart Mill se range finalement lui-même à cette opinion : « Ceux qui ont a étudié, » dit-il, « les écrits des psychologues associationnistes, « ont vu avec défaveur que, dans leurs expositions analytiques, « il y avait une absence presque totale d'éléments actifs ou de « spontanéité appartenant à l'esprit lui-même... En France, on a « souvent cité le progrès qui se fit de Condillac à Laromiguière : « le premier faisant d'un phénomène passif, la sensation, la base (c de son système ; le second y substituant un élément actif, <c l'attention. La théorie de M. Bain est dans le même rapport « avec la théorie de Hartley (1), que celle de Laromiguière avec celle de Condillac (2). » M. Spencer, dans ses Premiers Principes^ fonde aussi la distinction du moi et du non-moi sur celle du volontaire et de l'involontaire, k laquelle on est toujours obligé de revenir, comme à un élément dernier impliqué dans tous les faits de conscience.

Ainsi, l'école anglaise finit par rétablir elle-même la conscience du moi, comme ne venant pas d'un objet extérieur à la pensée, mais de la pensée pure.

Il est une idée non moins essentielle à l'homme que l'idée du

1. Un des chefs de l'école anglaise contemporaine, qui a beaucoup insisté sur le mécanisme de la pensée.

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