Logique, tome 11^ de la méthode géométrique ou abstraite
« droit des propriétaires à la propriété du sol est complètement « subordonné à la police de TÉtat. Le principe de propriélé ne leur « donne pas droit à la terre même, mais ne donne droit qu'à une « compensation pour toute portion de leur intérêt dans cette « terre dont il peut convenir à la police de l'État de les priver. « Leur droit à cette compensation est inaliénable; mais, en se (( soumettant à cette clause conditionnelle, l'État a la liberté de (( traiter avec la propriété territoriale selon ce qui est exigé par « les intérêts généraux de la société ; il a même la faculté, s'il le « faut, d'en agir avec toute la propriété comme cela a lieu pour « une partie toutes les fois qu'un bill est promulgué pour la (( construction d'un chemin de fer ou d'une nouvelle rade (1). » « ... Dans le cas de la terre, on ne doit accorder de droit exclusif (( à aucun individu, s'il n'est démontré que cette concession pro- (( duit un bien positif. La possession d'un droit exclusif sur une « portion de l'héritage commun est déjà un privilège contestable : (( car aucune quan tité existante des biens mobiliers qu'un individu « peut acquérir par son travail n'empêche d'autres individus de « l'acquérir par les mêmes moyens; mais, par la nature même des « choses, quiconque possède la terre empêche les autres d'en jouir. <c Le privilège ou le monopole ne peut se défendre que comme un « mal nécessaire ; il devient une injustice lorsqu'il arrive à un « point où il n'est accompagné d'aucun bien qui le compense (2). » On objectera, ajoute Stuart Mill, qu'un individu retire des avantages d'une supériorité de talent et qu'on ne s'en plaint pas, mais c'est que ces avantages ne sont pas l'appropriation d'un bien commun à l'humanité, et il est juste alors que l'individu retire personnellement le fruit de ce qui lui est personnel. Quand au contraire l'avantage vient de ce que la société accorda à un homme un privilège exclusif sur le fonds commun et sur les bénéfices nés de l'ordre social lui-même, l'individu ne peut plus revendiquer la propriété absolue et exclusive de ce qu'il n'a pas par lui-même produit absolument et exclusivement. De toutes ces considérations Stuart Mill conclut que, s'il n'y a aucune objection à faire contre l'intérêt retiré des capitaux, il y a une objection à faire contre le prix du monopole résultant de la nature des choses et des progrès de la société. Stuart Mill veut laisser intact le revenu du travail et du capital; mais il croit que l'État peut et doit atteindre le prix du