‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 36 sur 358 · PHILOSOPHIE DES ANCIENS CELTES ET GAULOIS · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DES ANCIENS CELTES ET GAULOIS

cercle de la félicité, les transfonnations du progrès continuent, mais a en procédant de la vie, et non plus de la mort. » (Triades 30, 32, 45.)

Un dernier trait complète ces grandes traditions druidiques conservées dans les chants des bardes : Tâme parvenue au cercle de la félicité « peut de nouveau, par sa volonté, passer par un état quelconque, en vue d'acquérir de l'expérience et de la science. » (Triade 36.) L'idéal du druidisme était « la plénitude de la science ». Les âmes avides de savoir pouvaient ainsi recommencer des migrations dans le but de s'instruire. Ce trait, qui n'a rien de ' chrétien, révèle une tradition vraiment celtique. Mais le génie populaire allait plus loin encore : dépassant le dogme des sages, il ^ croyait que les héros peuvent renaître volontairement pour sauver O^^^^/ ( leurs frères ou leur patrie. Dans les jours d'infortune nationale, ^^^,.,;^ /

on interrogeait les dolmen et les tombes silencieuses ; on écou- ^ un secours survenir par le dévouement d'un mort. Toutes les ^ ^

tait si Ton n'entendrait pas une voix sortir, une armure résonner.

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légendes des bardes sont pleines de ces généreuses croyances ; de , /J^' ) /'^

là principalement la foi au « retour d'Arthur » et aux nouvelles i J^^y:^J

incarnations de Merlin, «/e^M^c*^^

La même idée du dévouement inspirait une autre croyance, GD^aus^: celle qu'un homme en peut racheter un autre, dont les jours sont / ^ comptés par les génies de la transmigration. Un homme que ses (^•^'^'^^ affections où ses devoirs rattachent à la vie est-il en péril de mort ? Un ami s'offre pour le remplacer : par cette immolation spontanée aux puissances divines, il méritera d'être enlevé directement au cercle de la félicité. Il distribue aux siens les dons de l'homme qui l'envoie à sa place au « conducteur des âmes », et il court avec joie s'étendre sur la pierre du sacrifice : « Ma langue dira mon chant de mort, au milieu du cercle de pierres qui enferme le monde... Le serpent (1) s'avance vers les vases du sacrificateur, du sacrificateur aux cornes d'or. Les ,'comes d'or '

dans sa main, sa main sur le couteau, le couteau sur ma tête (2)1...»

Ainsi à l'horreur des sacrifices humains, vieux reste des cultes orientaux, se mêlait parfois l'immolation volontaire, le suicide héroïque. . ,

1. Emblème de l'immortalité par ses dépouilles changeantes, le serpent tenait, selon Pline, la première place après le gui, xxix, 3.

2. Chant d'Vether, Voir La Villemerqué, Contes des mciem bretons, P, 292.

Cette passion de l'héroïsme, dont le principal signe est le mépris de la mort et le dévouement à autrui, inspira parmi nous, au moyen-âge, la chevalerie. Les chevaliers furent le dernier reste

I des « dévoués » de la Gaule antique.

De tous ces documents ressort Texistence incontestable, chez les sages de la Gaule, d'une doctrine d'immortalité, de libre indépendance, et de dévouement chevaleresque, qui donne à nos ancêtres de la race celtique un caractère de grandeur et d originalité. Pendant le moyen-âge, ce seront les penseurs celtiques,

] bretons, irlandais, — les Pelage, les Scot Erigène, les Duns Scot,— quisoutiendront avec énergie la doctrine de la liberté chez l'homme, de la prédestination universelle au salut final, et de la liberté en Dieu.

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