MENCIUS
I. Les peuples chinois se distinguent des peuples indo-européens par un esprit plus pratique que métaphysique, plus attentif aux détails de l'analyse qu'aux vues d'ensemble et aux grandes constructions de la synthèse. La morale et la politique ne se pré- | f sentent point à eux sous la forme religieuse : c'est un enseignement humain, rationnel, philosophique, sans mélange de ^ théologie, et qui ne s*appuie sur aucune révélation surnaturelle.
^ u^ . . e Le principal philosophe de la Chine fut Gonfucius qui vivait
t*,./cvtw^«^^Hpféî^ le VI® siècle avant Jésus-Christ, et que les livres chinois i <— . nomment par excellence le Philosophe. « Savoir que l'on sait ce i Pia i.t^K\A. a que l'on sait, et que l'on ne sait pas ce qu'on ne sait pas, voilà la %i Jt « véritable science (1). » « L'essentiel à connaître, c'est le devoir. » P '\Ç'îj%-*th<'<i Oh ! que la loi du devoir de l'homme saint est grande, s'écrie ^^î j(P^* « le Philosophe ; c'est un océan sans rivages ! Elle produit et '< ^J^ « entretient tous les êtres, elle touche au ciel par sa hauteur. Ohl J f a qu'elle est abondante et vaste I » (Tchoung-Young, xxvn.)
I. \ Celte loi est celle de la raison : « C'est le principe qui nous dirige
« dans la conformité de nos actions avec la nature rationnelle} « (Ibid., I, 1). » Elle est obligatoire et immuable. « La règle de' « conduite morale qui doit diriger les actions est tellement obli- « gatoire que l'on ne peut s'en écarter d'un seul point, d'un seul