‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 54 sur 358 · Plut, de Flacitis philosophorum^ l · texte numérisé non relu

Plut, de Flacitis philosophorum^ l

dans l'eau, la chair s'agrège la chair qui y est également contenue, et ainsi de suite.

Si tout est dans tout, comment se faitnl donc que les choses offrent des apparences diverses et prennent des noms divers ? — C'est que les relations des choses dans l'espace et dans le temps ' varient, et il en résulte des points de vue différents d'où les divers aspects des choses apparaissent. Chaque chose renferme toutes les autres^ mais plus ou moins apparentes. La chose qui paraît dominer dans l'agrégat lui donne son nom : terre, eau, feu ; mais en réalité l'agrégat contient encore une infinité de choses différentes et une infinité de choses semblables.

A l'origine, ces relations diverses entre les choses n'existaient

pas : tout était uniforme, tout était mélangé. « Toutes choses

« étaient confondues, infinies en nombre et en petitesse; mais rien

« n'apparaissait. Pourtant tout existait déjà. » C'est là ce qu'Ana-

1 xagore appelle le mélange primitifs sorte de chaos universel.

Pour faire apparaître les choses diverses, il fallait que le mouvement s'introduisît dans la masse infinie du monde. Le mouvement, amenant des relations diverses entre les parties, devait produire des formes diverses et distinguer ce qui était confondu.

Mais comment le mouvement a-t-il pu être introduit dans le monde ? « L'univers infini est immobile de sa nature, et cela « parce qu'il est renfermé en lui-même ; rien autre chose ne « l'environne (1). » Quel est donc le principe qui a ébranlé l'univers informe, pour lui donner les formes de l'ordre et de la beauté ?

Ce n'est pas le hasard, cause impénétrable à l'esprit humain,

ce n'est pas le destin, mot vide inventé par les poètes (2) ; c'est

quelque chose d'analogue au principe qui meut et gouverne un

corps animé : c'est l'intelligence. « Au commencement, tout

, a était confondu ; l'intelligence mit l'ordre en toutes choses : b voû«

A partir du point où lemouvemeut pénétra dans le chaos, sou6

1^^ ) l'impulsion de l'intelligence, le « tourbillon » de la vie s'étendit en

[^ ,>j^^ spirales successives dans toutes les régions du monde ; il con-

^ ^ tinue encore, comme l'indique la rotation du ciel, etil continuera

sans interruption. Notre terre, cylindrique, occupe le centre ; les

Uî astres sont des masses solides, détachées de la terre par le mouve-

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