IV. ÉCOLE ATOMISTIQUE D'ABDÉRE. - DÉMOCRITE
L'explication mécanique des choses, commencée par Anaxagore, est perfectionnée par Técole atomistique. Mais cette école supprime rintelligence motrice, comme une sorte de rouage inutile. Le monde se meut par lui-même éternellement.
Selon l'école d'Abdère, dont le principal représentant est Démocri te, les deux principes des choses sont le plein et le vide. Le plein consiste dans les atomes, qui sont en nombre infini, insécables, identiques en espèce, différents en grandeur et eu forme. Doués d'un mouvement perpétuel, ils forment des tourbillons, s'agrègent, et composent tous les êtres.
Il n'y a point d'in*jenlion ni de finalité dans la nature. D'autre part, le mouvement des atomes n'est pas dû au hasard; car le hasard ne fait qu'exprimer l'ignorance des hommes au sujet de^ vraies causes. < Rien dans la nature ne se fait sans cause, mais tout se fait d'après une raison et par nécessité (1). » Seulement cette raison n'est point une divinité extérieure à l'univers ; elle est une loi intérieure à l'univers lui-même.
L'âme est composée d'atomes subtils, et la sensation est l'unique source de nos connaissances : de tous les corps émanent des effluves qui s'insinuent dans les organes, pénètrent dans le cerveau et y produisent les images des choses.
Tout s'explique donc, dans cette doctrine, par le mécanisme^ universel, sous la loi de la nécessité. L'école d'Abdère est l'exagération du naturalisme ionien.
En résumé, les philosophes d'Ionie, prenant pour point de
départ la sensation, ont reconnu que la sensation a toujom-s pour
objet un mouvement ; ils ont montré que le mouvement est le
phénomène auquel tous les autres viennent se réduire, et que le
j monde extérieur est un vaste mécanisme. Par là, ils ont devancé
' la science moderne, qui réduit la physiologie, la physique et Tas-
' tronomie à la mécanique.
l. Stobée, Ecloc, physiq,, 160,