‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 72 sur 358 · Aristote, Xénophane, Sextus Empiricus, ad Math, viii · texte numérisé non relu

Aristote, Xénophane, Sextus Empiricus, ad Math, viii

LES SOPHISTES. — PROTAGOBAS ET G0B6IAS. 63

opposées, se rencontrent dans la doctrine de l'universelle relativité, et nient également la science pour y substituer l'apparence.

Tout étant relatif, le bien et le mal perdent leur caractère d'absolue opposition. Au lieu d'avoir son origine dans la nature essentielle des choses, que recherche la dialectique, la distinction du bien et du mal repose uniquement sur la coutume et

la loi : To Stxaiov xai to ah^h'» ov ^vaci àXXoi. voyLùù ( 1 ).

La politique qui dérivait logiquement delà morale des sophistes i •♦• / / et des rhéteurs, c'était lajgolitiQue de la forcet Voilà ce que Platon ? • ^ * ^ •' a voulu montrer dans le fior^/aFet***3ans la République par l'exemple de Calliclès et de Thrasymaque. Que cette politique ait été ouvertement enseignée et soutenue, cela n'est pas certain. Dans le Gorgias, Socrate dit à Calliclès : « Tu exposes franchement ce que d'autres pensent, mais n'osent exprimer. »

Les sophistes, malgré les germes d'immoralité que contenaient leurs enseignements, eurent leur utilité dans le développement de la philosophie. Par leur doctrine de TuniverSelle relativité, ils ramenèrent la philosophie delà considération des objets pensés à celle dé la pensée elle-même : c'est dans le sujet pensant qu'ils cherchent « la mesure de toutes choses. » Seulement, ils eurent le tort de placer cette mesure dans la sensation. Socrate montrera que si la vraie mesure de toutes choses est la pensée, c'est à la condition qu'on entende par là non la sensation individuelle et variable, mais la raison universelle et immuable.

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