CHAPITRE QUATRIÈME
Socrate.
I. Premières études de Socrate, — Socrate, dans sa jeuaefese, s'occupe de physique et d'astronomie. — La lecture d'Apaxagore imprime à sa pensée une direction nouvelle; il admet avec Anaxagore que la vraie cause du monde n'est pas physique, mais intellectuelle, et il va ensuite plus loin qu'Anaxagore : — rmtelligence même ne peut choisir une chose au lieu d'une autre qu'en vue du bien : la vraie cause est donc le bien. C'est le principe des causes finales. Cette notion du bien comme objet essentiel de l'intelligence ou de la science domine toute la philosophie de Socrate, qui prend ainsi une direction morale.
II. Méthode de Socrate ou dialectique des pensées. - Elle comprend deux parties : 1*» Vironie qui réfute la fausse science par son contraste avec l'idéal de la vraie science: 2° la maieutique ou accouchement des esprits, qui est la découverte de la vérité dont l'âme est grosse, au moyen des questions qu'on s'adresse à soi-même ou que les autres vous adressent. — Les procédés de la science sont: Vinduction qui s'élève graduellement de ce qu'il y a de particulier dans les choses à ce (qu'elles renferment de général, et la définition qui montre dans l'idée générale ou genre la vraie raison et la vraie nature des choses particulières. Socrate tend ainsi à tout réduire en idées ; il est idéaliste.
IIL Morale de Socrate ou dialectique des actions. Théorie de la volonté, *— La science consiste « à distribuer les choses par genres dans sa pensée », en mettant chaque chose à la place dont elle est digne. Mais celui qui a ainsi classé toutes choses dans sa pensée, donnant à chacune son rang, jugeant celle-là meilleure, celle-ci moins bonne, ne saurait contredire ses pensées dans ses actions. Il distribue donc les choses dans ses actes comme il les a distribuées daas ses pensées, et la pratique de chacun est absolument conforme à la science qu'il possède.
Cette identité de la science et de la pratique suppose que la volonté choisit toujours ce que l'intelligence lui montre comme le meilleur. Telle est en effet la doctrine de Socrate sur la volonté. Il n'admet point le libre -arbitre, qui consisterait à choisir ce qu'on sait être moins bon; car un tel choix, selon lui, serait sans raison, sans explication, sans définition possible. • Personne n'est donc méchant volontairement. »
Socrate confond la volonté avec l'intelligence. Sa philosophie aspire à être morale ; elle demeure intellectuelle. Tout est absorbé dans la notion de la science. — Apprenez le bien, dit Socrate, et vous le pratiquerez ; instruisez les hommes, et vous les rendrez meilleurs. Le vrai bien d'un homme n'est jamais opposé au vrai bien d'un autre, ni, en général, au bien universel. Quiconque a compris cette unité de fous les biens dans le bien ne saurait préférer quelque chose au bien suprême : il est tout à la fois savant et vertueux.
La vertu est donc une, malgré la diversité de ses formes : la vertu fondamentale est la sagesse, qui produit le courage et la tempérance (ce sont les trois vertus individuelles), puis la justice dont la bien