PREMIÈRES ÉTUDES DE SOGRATE
faisance fait partie (ou vertu sociale), et enfin la piété (ou vertu religieuse).
La théorie socratique de la justice est fondée sur Tidée des lois non écrites, supérieures aux lois humaines. Ces lo^ non écrites sont à la fois naturelles et divines, parce qu'elles sont rationnelles s ainsi se réconcilient la nature et la loi, que les sophistes opposaient Tune à l'autre. La vraie loi est la nature même, c'est-à-dire la raison.
La bienfaisance est comprise dans la justice. Nous ne devons pas rendre le mal pour le mal, mais chercher en tout et pour tous le bien. Nous devons traiter les hommes en amis, et être « philanthropes. »
Dans la famille, la femme est l'égale de Thomme, malgré la diversité des fonctions ; elle peut même être supérieure à l'homme si elle est* plus vertueuse. — Le travail, au lieu d'être servile, comme le croyait Tantiquité tout entière, est pour Socrate noble et libéral : d'où devait sortir la réhabilitation des esclaves.
La politique, selon Socrate, est la science du juste et de Futilité générale. C'est à celui qui possède le mieux cette science que le commande* ment devrait appartenir : la violence, le nombre et le hasard sont de mauvais moyens de gouvernement. De là une tendance aristocratique. — Mais les plus saçes ne doivent pas employer à l'égard d'autrui la force : il n'ont que le droit de persuader les autres. Par là Socrate revient au principe démocratique de l'élection par le peuple. Sa politique est donc mixte
IV. Doctrines religieuses de Socrate. — Socrate démontre l'existence de Dieu et sa Providence, 1° par la nécessité d'une cause efficiente qui, nous avant fait participer à l'intelligence, doit être elle même intelligente; z» par les causes finales ou l'universelle appropriation des moyens aux fins dans la nature et dans l'homme. Dieu est un, éternel, immense, et sa providence s'étend à toutes choses. Il peut inspirer directement certains hommes par une sorte de voix intérieure : d'oii la croyance de Socrate à un pressentiment divin. C'est ce qu'on a appelé son génie ou démon.
V. Frocés^ défense et mort de Socrate. — Socrate, combattant les sophistes par leurs propres armes, fut confondu avec eux. Aristophane le représente comme un sophiste.— Les tendances aristocratiques de Socrate excitèrent contre lui les haines des politiques. — Mélitus et Anytus l'accusèrent de ne pas croire aux dieux et de corrompre la jeunesse. Socrate dédaigna de se défendre par un plaidoyer régulier. — Sa condamnation. — Son emprisonnement. — Sa réponse à Criton qui lui proposait de fuir. — Sa mort.