‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 79 sur 358 · Xénophon, Mémorables, III, ix · texte numérisé non relu

Xénophon, Mémorables, III, ix

2. Voir les Mémorables, IV, ii, et le Second Hippias de Platon. Voir (lucsi notre travail intitulé : Hippias minor, sive Socratica contra Hhenim arbitrium argumenta.

qui les a établies. « Qui croyez-vous qui ait porté ces lois ? Ce « sont les dieux qui les ont prescrites aux hommes (1). t

Ces lois ont encore un caractère qui atteste qu'elles sont divines. C'est qu'elles portent en elles-mêmes leur sanction.

On voit une foule d'hommes qui transgressent impunément les lois humaines ; « mais les hommes qui violent les lois divines « subissent un juste châtiment. » Pourquoi ? c'est que les choses sont organisées de manière à faire sortir la punition de la faute même. La loi est le bien ; la transgression de la loi est le mal; tôt ou tard, le mal produira le mal, par la force des choses, ou plutôt par la force de Dieu. « Que chaque loi porte avec elle la « punition de l'infracteur, n'est-ce pas l'ouvrage d'im législateur « supérieur à l'homme ? »

Par cette théorie remarquable, Socrate résout la vieille opposition que les anciens philosophes et surtout les sophistes établissaient entre la loi et la naturCy vô/xoç xai fxxnç. Ce qui est rationnel, voilà la loi : ce qui est rationnel, voilà aussi la nature.

Dans la justice est comprise la bienfaisance. Socrate avait d'abord adopté cette antique maxime qu'il faut faire du bien à ses amis et du mal à ses ennemis ; mais il finit par reconnaître qu'ilne faut faire de mal à personne (2). Socrate croyait qu'il faut avicontraire faire du bien à tous, et il était, dit Xénophon, philan-'

De là ses belles doctrines sur la femme, qu'il considère comm^ l'égale de l'homme, sur les esclaves et sur la dignité du travail.

La politique, selon Socrate, est une science ^ et, comme telle^ elle est la fonction des plus savants, fussent-ils en minorité : — voilà le principe d'cù part Socrate, et la conséquence favorable aur aristocrates qui semble en découler tout d'abord. Mais comment la science peut-elle gouverner, et exercer son action ? Est-ce par la force ? Ce serait une étrange contradiction. La science réside dans l'intelligence, et s'adresse aux intelligences ; ce n'est point une force brutale et matérielle qui s'exerce sur les corps. La science doit donc gouverner par la persuasion^ qui n'est elle-même que la transmission de la science. La politique se réduit alors à un échange de lumières et de connaissances entre les plus savants et les moins savants. Il en résulte que le gouvernant doit avoir eu

Page 1