‹ Histoire de la philosophieChapitre 10 sur 397 · Burnouf, ibid. p · texte numérisé non relu

Burnouf, ibid. p

?• L'action exercée par les doctrines métaphysiques et morales de Bouddha sur les peuples qui en ont fait leur religion consiste surtout dans l'adoucissement des mœurs et la pacification sociale, a Ce sont les apôtres dix bouddhisme, dit M. Abel Rémnsat, qui les premiers ontosé parier de morale et de devoirs aux farouches conquérants qui venaient d'envahir et de dévaster TAsie. » (Mélanges critiques , II.) La violence effrénée des Siamois^ par exemple, a été tempérée à tel point par Taclion de la morale bouddhiste, que de nos jours, à Bangkok, ville de quatre cent mille habilants, il n'^ a presque jamais de rixes : un meurtre y est un événement extraordinaire, et souvent il n'en arrive pas un en toute une année.

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feu est son symbole ; pour entretenir le feu, il faut purifier la flamme de tout élément étranger et la faire briller d*une lumière sans ombre. — Cette antique doctrine fut perfectionnée par Zoroastre< qui vivait six siècles environ avant Jésus-Christ, et dont les enseignements sont contenus dans les livres sacré&iix Zend-Avesi-a. L'idée qui domine la métaphysique de Zoroasti*e n'est plus celle du panthéisme indien, mais celle du dualisme. Qu*est-ce que ce monde ? Un mélange de bien et de mal, de pensée et de matière, de vérité et de fausseté, de lumière et de ténèbres. Ce mélange suppose l'existence de deux principes, Tun bon, l'autre mauvais, qui sont en lutte dans l'univers. L'un est le principe de vérité et de lumière, Ormndz ; l'autre est le principe de mensonge et de ténèbres, Ahriman. « Au commencement, Ormudz, élevé au-dessus de tout, « était avec la science souveraine, avec la pureté, dans la lumière c du monde. Ce trône de lumière, ce lieu habité par Ormudz, est « ce qu'on appelle la lumière première ; et cette science souve* « raine, cette pureté, production d'Ormudz, est ce qu'on appelle « la Loi. » Ormudz n'a pas produit directement les êtres matériels et spirituels dont l'univers se compose : il les a engendrés par l'intermédiaire de la parole, du Verbe divin. « Le pur, le saint, le c prompt Verbe, je vous le dis clairement, ô sage Zoroastre, était « avant le ciel, avant l'eau, avant la terre, avant les troupeaux, c avant les arbres, avant le feu, ce fils d'Ormudz. (1) »

Ormudz et Ahriman ont la même puissance ; mais Ormudz, par son omniscience, prévoit tout ce qui doit arriver et calcule ses actions en conséquence ; Ahriman, au contraire, ne voit les conséquences de ses actions qu'au moment même où il agit. On reconnaît là Topposition de Tintelligence prévoyante et de la matière imprévoyante, du bien qui s'étend à Favenir et du mal qui n'aperçoit que l'instant actueL L'avantage de la prescience assure à Ormudz la dernière victoire api-ès un certain nombre de milliers d'années. Le bien va l'emportant sans cesse sur le mal ; la lumière monte et conquiert peu à peu les ténèbres : un jour viendra sans doute où le mal sera absorbé dans le bien : telle paraît du moins avoir été la doctrine la plus récente des Perses.

II. Cette métaphysique donne à la vie un sens moral, en la représentant comme un combat ; et un but, en lui proposant la victoire sur le mal. Aussi la morale des anciens Perses fut-elle moins mystique et plus active que celle des Indiens.

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