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nous n'avons point reçue ni apprise, « qui n'est point autre à Athènes et autre à Home. » De cette loi véritable les Stoïciens font énianer le vrai droit. Le droit est la raison universelle. Il est antérieur et supérieur aux législations, qui le consacrent, mais ne le font pas. La justice ne repose point sur les institutions et sur les lois des peuples. Si les volontés du peuple, ou des grands, ou des rois, établissaient le juste et l'injuste, elles pourraient rendre juste le brigandage, l'adultère, le parjure ; mais qu'importe que le tyran soit un seul homme, ou plusieurs, ou tous 7 Ce qui est injuste demeure injuste, et là où il n'y a pas de justice, il n'y a pas de droit : « Ubi non est justUia, ibi nonpotest esse jus. »
Le Stoïcisme fonda la jurisprudence romaine et essaya de rapprocher le droit écrit du droit naturel. Les grands jurisconsultes de TEmpire, les Galus, les Paul, les Papinien, les Ulpien, les Modestus, furent tous élevés à Técole du Stoïcisme. Tous définirent le droit naturel c celui que la l'aison naturelle établit entre les hommes. » c L'intérêt civil, dit Galus, ne peut pas corrompre les droits naturels. » i Le contrat, selon Ulpien, tire son origine de l'aflection réciproque et du désir de se rendre service ; caria société repose sur un ceviain droit de fratC7^niUSll). » En môme temps la valeur de l'individu et la dignité de la personne sont défendues contre les abus de la force et contre les abus de la loi même, a II ne faut pas faire payer au fils innocent la peine du crime de son père. — Il vaut mieux laisser un crime impuni que de condamner un innocent (2). »
Cette idée du droit naturel et de la dignité humaine avait pour conséquence la condamnation de toutes les tyrannies et de toutes les servitudes, civiles ou politiques, c La servitude est un état contre nature », disaient les juiisconsultes mêmes qui, en vertu de prétendues nécessités, maintenaient encore la servitude dans les lois (3).
Déjà Zenon avait dit : c II y a tel esclavage qui vient de la con* quête, et tel autre qui vient d'un achat ; à Tun et à l'autre correspond le droit du maître, et ce droit est mauvais (4). » ^ « Des esclaves 1 s'écrie Sénèque; dis plutôt des hommes. Des esclaves l dis des camarades. Des esclaves I dis des compagnons d'esclavage... Celui que tu appelles esclave est ué de la même someuoe
^. Digeste, l XVIII, v. ii. c. 3.
2. Ulpicn, Dig., t. XIX, 5 *^. Institut,, livroî, t. III, § G.