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Diog. Lacrt., VlU, L

LE STOIGISUR. 153

que loi, il jouit du mêjne ciel, respire le même air, vit et meurt comme toi (i). » Quaut à Épictète, il retourne avec vigueur contre Aristote ses propres arguments. « Il n'y a d'esclave ff naturel » que celui qui ne participe pas à la raison ; or, cela n*est Trai que des bêtes et non des hommes. L'âne est un esclave destiné par la nature à porter nos fardeaux, parce qu'il n'a point en partage la raison et l'usage de la volonté. Que si ce don lui eût été fait, l'âne se refuserait légitimement à notre empire ; il serait un être égal et semblable à nous (2). • — « Nous ne devons pas, dit-il encore, vouloir aux autres hommes ce que nous ne voulons point pour nous-mêmes ; or, nul ne veut être esclave ; pourquoi donc se servir des autres comme d'esclaves? » Ainsi parlait l'ancien esclave devenu maître d'un empereur.

Par là, le Stoïcisme fondait le droit non sur un principe mystique, non sur une communauté d'origine historique ou religieuse, mais sur la nature humaine considérée comme ayant par ellemême et en elle-même un prix inestimable. Aussi les Stoïciens disaient-ils : L'homme est chose sacrée pour l'homme, Homo res sacra hominù

Le but de la morale individuelle ou sociale, c'est le souverain bien. En quoi consiste-t-il? dans la vertu, qui a son unique fin en elle-même. Selon Platon, la vertu n'était qu'un moyen pour arriver à un bien supérieur, mal défini. Selon Zenon, la vertu se suffit à elle seule. L*âme universelle se meut pour se mouvoir ; de même l'homme de bien agit pour agir, lutte pour lutter et se développer; la vertu, cette tension de l'âme raisonnable etactive trouve en elle-même sa propre satisfaction. Gratuita est virius^ trirtutis prœmium ipsa virtus.

Placer le suprême bonheur en dehors de la suprême excellence, c'est croire que le bonheur peut être un don du dehors, un accident extérieur, tandis qu'il est la jouissance intime attachée à la conscience de sa propre grandeur.

Si la vertu a sa fin en elle-même, le sage qui la possède ne peut plus rien demander au delà : se reposant dans la possession du bien parfait, il jouit de lui-même. Il est le seul libre, le seul savant, le seul riche, le seul roi, le seul maître de toutes choses. S'élevant comme Hercule au-dessus de l'humanilé, il s'assimile et

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