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172 PHILOSOPHIE 6REGQUB.
Le Bien, en effet, est présent à Tâme ; nous ne « sommes point • séparés de lui, nous n'en sommes point distants... Mais c*estea t rUn que nous respirons, c*est en lui que nous subsistons (1). » Il est au fond de notre pensée comme un principe supérieur à la pensée même. Demande-t-on par quelle intuition on peut saisir ce qui dépasse Tintelligence ? Nous le saisissons, répond Plotin, par ce qui lui ressemble en nous-mêmes (2) ; car il y a en nous quelque chose de lui, ou plutôt il est présent à toutes les choses qui participent de lui. Supposez qu'une voix remplisse l'immensité ; en quelque endroit que vous prêtiez Toreille à cette voix, vous la saisirez tout entière sous un rapport, non tout entière sous Tauti^ rapport (3). Parce que Dieu échappe à notre connaissance, il ne nous échappe pas complètement. Nous Tembrassons assez pour énoncer quelque chose de lui sans l'énoncer lui-même, semblables aux hommes qui, transportés par Tenthousiasme, sentent qu'ils ont en eux quelque chose de supérieur à toute parole et même à toute pensée (4).
Pour parvenir à cet état d'enthousiasme qui nous unit au Bien, il faut que Tintelligence se dépasse elle-même (5). Aucun effort du raisonnement ne saurait nous donner la vision de Dieu. « Nous ne devons donc pas chercher ainsi la lumière divine, mais « attendre en repos qu'elle nous apparaisse, et nous préparer à la (t contempler, de même que l'œil attend, tourné vers l'horizon, « le soleil qui va se lever au-dessus de l'Océan (6). » La pensée ne sert, par ses opérations imparfaites, qu'à nous élever peu à peu à la hauteur d'où il est possible de découvrir Dieu : « Alors, a soulevés comme par le flot de l'intelligence , et emportés ce par la vague qui se gonfle, de sa cime tout à coup nous « voyons (7). »
(( Mais ce n'est pas hors d'elle-même que l'intelligence contemple a ainsi la lumière intelligible. Elle ressemble plutôt à l'œil qui, c sans considérer une lumière extérieure et étrangère, est sou-
1. *Ef&irysofifv xai 9a>(ôfifOa. VI, IX. Cf. Saint Paul : c II n'est pas loin de chacun de nous, puisque c'est en lui que nous vivons, que nous sommes mus et que nous sommes, puisqu'il nous donne à tous la vie, la respiration et toutes choses. • (Actes, xvil, 2.)