MÉTAPHYSIQUE DES PHILOSOPHES CHBKTIENS
« Dieu, dit sain*; Athanase, est au-dessus de toute dssence c et de la conception humaine, parce qu'il est la bouté et la c beauté transcendante. Il est bon, ou plut6t il est la source de la < bonté (i). » « Fin de toute chose, s*écrie saint Grégoire d6 t Nazianze, tu es un, tu es tout et tu n'es aucun, n'étant ni pn c ni tout. » Saint Augustin, tout nourri de la pensée de Platon et des platoniciens, conçoit l'Unité identique au Bien comme le terme de la pensée. Par cette force intérieure et secrète qui s*ap« pelle la raison, nous divisons et nous unissons pour connaître. « Soit que je divise ou que je réunisse» c'est Tunité que j'aime et • que je veux. Quand je divise, c'est pour avoir Tunité pure, et « quand je réunis, c'est pour Ta voir totale (2). » Il y a donc une Unité, principe de l'unité en toutes choses et objet suprême de la raison ; car les deux procédés de la dialectique, analyse et synthèse, ne sont autre chose que la recherche de l'unité. L'Un et le Bien sont un seul et même principe, c Enlevez tel ou tel bien « particulier, et voyez le Bien même si vous pouvez; ainsi vous c verrez Dieu, qui n*est pas bon par un autre bien, mais qui est c le bien de tout ce qui est bon. Nous ne dirions pas qu'une chose « est meilleure qu'une autre en jugeant avec vérité, si nous c n'avions pas la notion du Bien en soi imprimée dans nos âmes, « sur laquelle nous réglons nos approbations et nos préférences» t Ainsi il faut aimer Dieu, non tel ou tel bien, mais le Bien « même. Il faut chercher pour l'âme un bien autour duquel elle fi ne voltige pas pour ainsi dire par la pensée, mais auquel elle « s'attache par l'amour... Ce bien n'est pas loin de chacun de « nous : en lui nous vivons, nous nous mouvons et noui a sommes (3). »
369.) Pour Origëne comme pour saint Clément, le priacipc suprême est I rUnité absolue, incommunicable, incompréhensible, supérieure à toute intelligence, à toute vie, à la vérité, à la s^esse, à Tessence même et â l'être défini. • [C. CeU., VII. 38. în sanct. Joh,, II, 18. D^princ, 1,3,5.) En même temps cette Unité est le Bien. Le bien n'est pas pour Dieu, comme pour la créature, un simple attribut ; il est la nature même de Dieu. Et si Dieu est bon, il est dans un sens supérieur à l'être des créatures ; car le bien et Têtre véritable sont identiques^ et le mal est la même chose que le néant. {In sanct. Joh.y c. II, p. 7.) La créature participe de Têtre au même degré que du bien. — On reconnaît là le principe fondamental du platonisme.