De ordtne, I, p. 581 (édit. Gaume
3. De Trimt.^ VIII, 3. — Dans les livres du faux Denys l'Aréopagite, Piofluence platonicienne et même néoplatonicienne est plus évidente que partout ailleurs. Il n'est aucun des termes les plus hardis de Plotin qui n€
On le voit, la méthode platonicienne d'élimination, qui aboutissait à la conception d'un Dieu supérieur à la pensée et à Tessence, se retrouve tout entière dans la philosophie chrétienne^ et s*7 combine avec la conception théologique de Dieu le Père, principe ineffable et incompréhensible.
II. Dieu conçu comme la Raison suprême. — La dialectique platonicienne n'était pas une méthode purement négative : en même temps qu'elle concevait Dieu comme une perfection inaccessible en soi» elle le concevait aussi comme une perfection communicable, où seraient éternellement subsistantes et éternellement entendues les raisons de toutes choses. Sous ce rapport, la dialectique avait pour terme la Raison universelle, c'est-à-dire le Verbe, le a^to;. Tel est aussi, dans la philosophie chrétienne, le second aspect sous lequel Dieu apparaît à notre intelligence.
Les Idées platoniciennes sont explicitement dans Clément d'Alexandrie. D'après lui, la nature propre du Verbe est d'être le type de toutes les idées, la raison suprême de toutes les vérités, le centre d'union de toutes les puissances (1). Le Père est l'unité absolue, le Fils est Tunité dans la pluralité ; cette pluralité inteU ligible le rend accessible à la démonstration, tandis que le Père est ineffable (2).
soit accepté par Dcqys, et même exagéré encore. D'après lui. Dieu n'est pas seulement iaeifable et ialatelligible; il est encore supra-iDefTablc et supra-inintelligible. [De divinis nominibus^ II, 4.) H n'est pas parfait, mais supra-parfait ; il n'est pas Dieu, mais archi-Dieu. Il n'est ni puissance, ni vie, ni lumière, ni essence; il n'est même, à proprement parler, ni unité, ni divinité, ni bonté. {TheoL myst., V, 7.) Dieu est supérieur à toutes les tontradictions de la pensée humaine ; aussi peut-on l'appeler l'essence inessentielle, l'intelligence inintelligible, la parole ineffable. Il est Tindétermination supra-essentielle {De div, nom., I), l'absence de raison, de pensée, de nom. « De là vient que les théologiens ont préféré s'élever fl à Dieu par la voie des locutions négatives. » (De div, nom,, XIII.) — « Ces négations ne signifient nullement qu'il y ait en Dieu la privation fl de ce qu'elles nient, mais au contraire excès et plénitude. En Dieu f seul l'absence de substance est la substance infinie, l'absence de vie fl est la vie suprême, l'absence de pensée est la suprême sagesse. » (De div, nom.. IV.) — • Comme si le marbre renfermait des statues innées: t la main de l'artiste n'aurait qu'à enlever ce qui les cache, et dévoilerait c ces beautés cachées en étant ce qui n'est pas elles. » On reconnaît la pensée qui avait inspiré à Plotin et à Proclus leur distinction de la théologie négative et de la théologie affirmative. Cette distinction devint fondamentale dans la métaphysique chrétienne.