‹ Histoire de la philosophieChapitre 14 sur 397 · César, vi · texte numérisé non relu

César, vi

4. Polybe, ii, 106. César, vr. Quns ab illo dilectos esse constabat, justis funeribus confectis, unà cremabantur.

le culte de la personne et le mépris de la mort. Les anciens s'accordent à reconnaître qu'aucune nation ne tenait moins à la vie. « Que craignez-vous f » leur demanda Alexandre, quand ils voulurent le voir. « Que le ciel ne tombe,» répondirent-ils (I). Le ciel lui-même ne les effrayait guère : ils lui lançaient des flèches quand il tonnait. Si TOcéan débordait et venait à eux, ils marchaient contre lui Tépée à la main (2). On voyait des Gaulois qui offraient de mourir pour quelques pièces d'or ; ils les distribuaient libéralement à leurs amis, et, se couchant sur leurs boucliers, ils tendaient la gorge en souriant (3). De là le mot d'Horace : Non paventi fanera Gallix (4). Les anciens ajoutent que ce mépris de la mort et cette indomptable valeur résultaient de la croyance à l'immortalité de la personne. Telle est en effet la doctrine fondamentale qu'enseignaient les sages de la Gaule, appelés par les anciens des philosophes : les druides.

Les druides ne formaient point une caste héréditaire, comme dans rinde, comme en Egypte, comme chez les Hébreux mêmes ; ils se recrutaient par libre adoption, par affiliation, sans autre condition que le savoir et la capacité, constatés par de longues épreuves. Ils étaient astronomes, médecins, magiciens, métaphysiciens, moralistes et jurisconsultes : a Les druides, dit Strabon, enseignent le droit naturel, puis les constitutions et les lois particulières des Étals. » (IV, 3.) C'était une grande associalion de philosophes mystiques et savants, étrangers à la guerre, libres de toutes les charges et de tous les emplois de la vie civile.

« Les druides, les bardes, les ovales (ou sacrificateurs), croient, ditStrabon, que les âmes et le monde sont immortels, mais que l'eau et le feu dominent tour à tour. » — « Ils veulent, dit César, que les âmes ne meurent pas, mais qu'après la mort elles passent des uns aux autres. » — <c Suivant eux, dit Diodore, les âmes sont immortelles ; le temps de l'existence actuelle accompli, elles passent dans un autre corps et reviennent à la vie. » — « 0 druides, s'écrie Lucain, vous qui habitez les retraites sacrées dans les profondeurs des bois, vous seuls savez ce que sont les dieux et les puissances du ciel, ou vous seuls l'ignorez I S'il faut vous croire les ombres ne vont pas chercher les demeures silencieuses de l'Érèbe ni les pâles royaumes du Dieu de Tabime. Le même esprit

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