‹ Histoire de la philosophieChapitre 141 sur 397 · Inst. chrét., V, XIV · texte numérisé non relu

Inst. chrét., V, XIV

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limon; et c'est une même terre qui les porte. C'est donc par le droit humain que Ton peut dire : Cette ville est à moi, cette maison est à moi, cet esclave est à moi. Mais le droit humain n'est pas autre chose que le droit impérial. Pourquoi ? parce que c'est par les empereurs et les rois du siècle que Dieu distribue le droit humain au genre humain. Otez le droit des empereurs, qui osera dire r Cette ville est à moi, cet esclave est à moi, cette maison est à moi (1) î » D'après ce texte, et une foule d'autres des Pères, la propriété n'est pas de droit naturel, mais seulement de droit positif, et, qui plus est, de droit impérial (2).

Ainsi, en résumé, les docteurs du christianisme, quoique reconnaissant au point de vue religieux l'injustice de certaines institutions sociales, n'ont pas cru que, sur cette terre même, on dût supprimer ces injustices. Ils ont placé leur cité idéale dans ce que saint Augustin appelait la Cité céleste^ et ils n'ont pas vu que, même ici-bas, sans prétendre réaliser le ciel sur la teri*e, on doit et on peut réaliser la justice, la Cité du droit.

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