‹ Histoire de la philosophieChapitre 145 sur 397 · TROISltlE PËBIODE DE LA SCOUSTiQUE · texte numérisé non relu

TROISltlE PËBIODE DE LA SCOUSTiQUE

kvec l'esprit d'indépendance qui se fait jour au xiv* siècle commence la décadence de la sculastique. Elleert précipitée à la fois parles dialecticiens et les mystiques. — Le dialecticien par excellence fut le franciscain et scotiste Jean d'Okkam qui renouvelle avec éclat la grande querelle des réalistes et des nominalistes ; il se range parmi les derniers. « Apr^ lui, la dialectique des écoles se perd de plus en plus dans les subtilités et les arguties. Par opposition, le dégoût de la logique et de la métaphysique rationaliste incline un grand nombre desprits au mysticisme : Pétrarque en Italie, Eckart etTauler en Allemagne, Gerson en France. — Le mysticisme populaire trouva sa plus admirable expression dans YJmitation de Jésus Christ^ dont l'auteur est inconnu.

C'est dans les couvents qu'il y avait, au moyen dge, le plus d'instruction acquise et le plus de loisir pour en acquérir encore. Les religieux copièrent un grand nombre de manuscrits ; de plus, ils fondèrent des écoles, qui rivalisaient avec celles des évêchés (1). La Grande-Bretagne possédait à l'origine les monastères modèles : de ses écoles sortirent Bède le vénérable, Âlcuin, conseiller et ami de Gharlemagne, qui fut placé par lui à la tôte de TAcadémie palatine, et surtout Scot Erigène, qui fut presque le créateur de la scolastique.

L'union plus ou moins étroite de la théologie et de la philosophie est le trait dominant du moyen âge (2).

De là dérivent d'autres caractères généraux qui appartiennent à la science de cette époque. Le dogme tbéologique étant alors le fond des spéculations philosophiques, et ce dogme étant imposé par l'autorité religieuse, la philosophie du moyen âge manque de ce qu'il y a de plus essentiel à toute science : la liberté. Aussi est-elle peu originale et peu inventive. Les idées qu'elle n'emprunte pas à l'autorité religieuse, elle les emprunte à Tau-

i. Sur la scolastique ou science des écoles (scolse), voir Ritter, Hisfaire de la philosophie au moyen âge; Hauréau« Histoire de la philosophie scolastique, 2 vol., Paris, lb50; Cousin, Fragments de philosophie scolastique; K. Fischer, Histoire de la philosophie moderne, introduction; Rousselot. Etudes sur la philosophie du moyen âge; Janet, Histoire de la science politique.

•J. Coniriéc on Ta reroarqné, dans la première période de la scolastique la philosophie ne fut que la servante de la théologie, ancilla iheologiœ. Dans ia seconde, la philosophie et la théologie sont alliées et étroitement unies, quoique distinctes; dans la troisième, la philosophie se sépare çeu à peu de la tnéologic jusqu'au moment où elle deviendra absolument mdépcadante.

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