‹ Histoire de la philosophieChapitre 196 sur 397 · iJf Méditatim · texte numérisé non relu

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ï'est TOUS qui îmaginez une notion contradictoire, celle d'une existence parfaite, contradictoire non lojfiquement pour notre pensée, roai^ réellement et en fait, puisque toute existence à nous donnée est imparfaite.

2. L'adversaire répondra : — Ce n'est pas moi qui me contredis, c'e ous qui imaginez une notion contradictoire, celle d'une existence pai .*„.i:-.. ,., . , aiç réellemei

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tif, et fort contestable, que saint Anselme avait déjà trouvé et que Descartes retrouve (i). Si Tidée de perfection et Tidée d'existence sont inséparables dans la pensée, c'est selon lui qu'elles le sont dans la réalité, qui d'ailleurs ne nous est connue que par notre pensée même (2).

II. Attributs de Dieu. Théorie de la volonté en Dieu. — Après avoir essayé de démontrer l'existence de Dieu par ses effets et par sa définition essentielle, Descartes prétend déterminer ses principaux attributs en élevant à l'infini les perfections qui sont en nous.

Puisque nous sommes intelligence et volonté, Dieu est intelligent, Dieu est libre. De ces deux attributs, c'est le dernier qui exprime véritablement, selon Descaries, la nature de Dieu. La liberté divine est absolue; elle est aussi absolument créatrice; elle produit non-seulement l'existence des choses, mais leur essence et leurs lois, tellement que les principes universels de la logique et ceux même de la morale tirent leur vérité de l'acte divin. Ce n'est pas pour avoir vu qu'une chose était meilleure que Dieu Ta faite, mais c'est parce qu'il l'a faite qu'elle est meilleure, a II n'en « est point ainsi de l'homme, qui trouve déjà la nature de la véa rite et de la bonté établie et déterminée en Dieu (3). »

1. Les preuves précédentes étaient fondées sur le principe de causalité; celle-ci repose sur le principe de contradiction.

2. Mais, dira-t-on, « ma pensée n'impose aucune nécessité aux choses; c et comme il ne tient qu'à moi d'imaginer un cheval ailé, encore qu'il n'y c en ait aucun qui ait des ailes, ainsi je pourrais peut-être attribuer i'exisc tence à Dieu, encore qu'il n'y eût aucun Dieu qui existât. — Tant s'en « faut; c'est ici qu'il y a un sophisme caché sous l'apparence de cette « objection ; car, de ce que je ne puis concevoir une montagne sans une c vallée, je ne puis conclure qu'il existe une montagne, mais seulement

C tence est jnséparable de lui,'et partant qu'il existe véritablement; non « que ma pensée puisse faire que cela soit, ou qu'elle impose aux choses « aucune nécessité ; mais au contraire la nécessité qui est en la chose méffle, « c'est-à-dire la nécessité de l'existence de Dieu, me détermine à avoir cette « pensée. Car il n'est pas en ma liberté de concevoir un Dieu sans existence, « c'est-à-dire un être souverainement partit sans une souveraine perfocc tion, comme il m'est libre d'imaginer un cheval sans ailes ou avec des « ailes. » (4* Méditation,) Kant demandera si la nécessité même de nos conceptions potxr nous ne doit pas nous faire douter de leur valeur indé' pendamment ae nous, et s'il est sur que cette nécessité imposée à notre intelligence existe aussi dans les choses mêmes. Descartes, lui, n'admet pas cette opposition possible entre la pensée et l'ôtre : car, dit-il, c la pensée est une même chose avec l'être. » Ce que nous pensons clairement existe, et les idées qui sont clairement inséparables indiquentdes objets inséparables* 3. Edit. Garnier, t. II, 363.

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