‹ Histoire de la philosophieChapitre 201 sur 397 · LB MONDE BT 8E8 LOIS. 2G · texte numérisé non relu

LB MONDE BT 8E8 LOIS. 2G

quemenl 7 — Descartes, ayant eu le tort d'admettre dans l'homine deux substanceSi séparées par un abîme infranchissable, est logiquement amené à nier la possibilité d*une action mutuelle entre ces deux substances d'ailleurs inintelligibles. L'âme, dit-il, ne saurait créer dans le mécanisme corporel un mouvement nouveau ; elle ne peut que changer de direction le mouvement préexistant (comine si le changement même de direction ne supposait pas encore une création de mouvement), a C*est Dieu qui a disposé « toutes les autres choses qui sont hors de nous pour faire que tels « ou tels objets se présentassent à nos sens en tel ou tel temps ; « à Toccasion desquels il a su que notre libre arbitre nous déter- « minerait à teUe ou telle chose (1). » Cette doctrine bizarre est le germe des causes oecasionneUes et de l'harmonie préétablie.

V. L*univers a été ramené par Descartes à une vaste déduction où tout s'explique par une série de principes et de conséquences, de causes et d'effets ; mais cette série, prise en sens inverse, peut-elle être considérée comme une longue suite de moyens et de fins, aboutissant à une fin suprême que Dieu se serait proposée volontairement dans la crêation 7

Descartes admet l'existence de cette fin suprême ; mais il croit que nous ne pouvons la connaître, parce que la volonté absolument libre de Dieu nous est impénétrable. « Nous ne devons pas « tant présumer de nous-mêmes que de croire que Dieu nous ait • voulu faire part de ses conseils. » Â Fépoque de Descartes, on avait abusé de la considération des causes finales dans la science de la nature. En premier lieu,- les théologiens avaient fait de l'homme la fin de la création, comme de la terre le centre du monde ; en second lieu, on se dispensait de chercher les lois et conditions mécaniques des choses en invoquant des fins particulières que Dieu se serait proposées. Descartes rejette avec raison ce double vice de méthode. D'abord, c il n'est pas vraisemblable c que Dieu n'ait eu d'autre fin que nous-mêmes en créant le « monde. En effet, que de choses sont maintenant dans le monde, c ou y ont été autrefois et ont cessé d'être, sans qu'aucun homme « les ait jamais vues ou connues, et sans qu'elles aient jamais été « d'aucun usage pour Thumanité I On ne peut donc appuyer des « raisonnements de physique sur cetteopinion. » « C'est une chose t puérile et absurde d'assurer en métaphysique que Dieu, à la I façon d'un homme superbe, n'aurait point eu d'autre fin eu bâft tissant le monde que celle d'être loué par les hommes ; et qu'il

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