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CHAPITRE QUATRIÈME Spinoza

I. MÉTHODB DE SPINOZA. ^ Méthode géométrique, procédant par axiomes, définitions et démonstrations. — Cette méthode exclusivement intellectuelle exclut d'avance toute part au*on voudrait laisser à la volonté : c'est un essai pour réduire toutes cnoses aux lois d'une nécessité absolue régissant à la fois l'être et la pensée.

IL Système de Spinoza. — La substance divine. — Définitions essentielles dont dérive le système de Spinoza. -^ Substance, ce qui est en soi et est conçu par soi. Attribut, ce que la raison conçoit dans la sub.«tance comme constituant son essence. Modes, les affections de la substance ou ce qui est dans autre chose et est conçu par cette même chose. — Que ces définitions renferment d'avance VÊtkique de Spinoza. — Spinoza at-il démontré que tout rentrât dans ses définitions. — Que la volonté

1. Baruch Spinoza naquit à Amsterdam, en 1632. Il était d'une famille de Juifs portugais. La synagogue l'excommunia pour avoir soutenu que, d'après les textes, la Bible n'enseigne ni la spiritualité de Dieu ni l'immortalité de l'âme. Chassé de sa ville natale par une tentative d'assassinat et par un exil temporaire, il entra en relation avec les chrétiens, et changea son nom en celui de Benedict Spinoza. Il menait une vie d^anachorète. Pauvre, desintéressé, sans ambition, il vécut plusieurs années à La Haye, ffagnant sa vie à polir des verres pour des instruments d'optique. 11 refusa rheritage d'un de ses amis qui était riche, et la chaire de philosophie d'Heidelberg, afin de conserver sa parfaite indépendance. Atteint d une maladie de poitrine qu'il supporta sans se plaindre, il mourut en 1677.

Le premier ouvrage de Spinoza, qui eut un grand retentissement, fut son Traité théologieO'politi^ue. Ce livre a préludé aux travaux de l'école allemande moderne sur l'mterprétation des mythes et des symboles. Spinoza substitue au sens métaphysique de la Bible le sens moral, comme étant le seul qui fût dans la pensée des anciens Juife; il nie l'antiquité et l'accord des traditions sur les points de dogme et d'histoire ; il considère les écrivains sacrés, et en particulier les prophètes, comme de grands esprits que l'exaltation faisait parler dans le sens de leurs propres opinions ou préjugés; il rem[>lace la révélation surnaturelle par la révélation morale de la conscience; il représente la passion du christ comme vraie à la lettre, la résurrection et l'ascension comme vraies spirituellement et par symboles; enfin il explique tous les miracles par des raisons naturelles. Dans le même traité se trouve exposée la politique de Spinoza qui, comme nous le verrons, est ceîle ae Hobbes, mais débarrassée de ses inconséquences et de ses fausses déductions. L'œuvre capitale de Spinoza est son Ethique ou science des mœurs • démontrée à la manière géomé- <figtitf »f par définitions, axiomes et théorèmes. Jamais on n'avait déployé une telle vigueur de génie dans l'exposition du panthéisme et du fatalismd qui en est la conséquence.

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