‹ Histoire de la philosophieChapitre 226 sur 397 · TModicée, préface. Dutens, n, 1, p. 36. Théodicie · texte numérisé non relu

TModicée, préface. Dutens, n, 1, p. 36. Théodicie

'^MORALE DB LBIBN17. 323

reprise en sens inverse pour devenir une série de moyens et de fins. Telle est la nature entière : tout être agit et fait effort ; c'est le principe de la causalité universelle. Tout effort suppose une fia et n'est au fond qu'un désir ou une appétition : c*est le principe de la finalité universelle. « Les âmes agissent selon les lois des « causes finales, par appétitions, fins et moyens. Les corp» « agissent selon les lois des causes efficientes ou des mouvements. « Les deux règnes, celui des causes eificientes et celui des causes « finales, sont harmoniques entre eux (1). »

La tendance de l'activité à sa fin ne résultant point d'une contrainte extérieure, mais d'une spontanéité intérieure^ on peut dire, que les moyens se disposent d'eux-mômes en vue de la fin, comme cela a lieu dans les êtres vivants. Le désir, selpn Leibniz, ne subit de contrainte que de la part des obstacles qui le contrarient; mais en lui-même, dans ce qu'il a de positif, il est spontanéité. C'est pourquoi, si le monde semble ofTrir un caractère de nécessité physique lorsqu'on le considère dans renchainement de ses causes et de ses effets, il offre un caractère de contingence meta* physique lorsqu'on le considère dans l'enchaînement de ses moyens et de ses fins. Les choses, à la rigueur, pourraient ne pas ôtre, bien que certainement elles doivent être. Elles ne sont pas comme poussées par derrière, elles vont d'elles-mêmes en avant; au lieu d'une impulsion extérieure, c'est un attrait intime. Leibniz reproduit ainsi la conception d'Aristote, selon laquelle le mouvement visible n'est que le signe de l'invisible désir. « *- Les « lois du mouvement, dit Leibniz, naissent de la perception a du bien et du mal, ou de ce qui est le plus convenable. Les o causes efficientes dépendent ainsi des causes finales ; les choses it spirituelles sont par nature antérieures aux matérielles, de K même que nous voyons Tâme, qui nous est intime, plus inté- % rieurement que le corps, comme l'ont remarqué Platon et Des. c cartes (2).» La fatalité en ce monde n'est donc qu'une apparence ; tout s'explique par le développement d'un ressort intérieur, qui est la tendance à la perfection ou le désir spontané du bien.

IV. Au-dessus du désir spontané s'élève la volonté libre, et c'est le règne de la volonté libre qui pourrait seul constituer, par opposition au monde physique, un monde vraiment moral. De même que' Leibniz à concilié d'abord le mécanisme et le dyna-

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