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misme, puis la causalité et la finalité, il va s*efforcer maintenant de concilier le règne de la nature et le règne de la moralité, gu'il désigne parfois sous le nom théologique de c règne de la grftce. »
Les premières conditions de la liberté, qui en srat, dit Leibnis, « comme le corps et la base, » sont la spontanéUé et la contint' gence* Ces conditions se trouvent au fond de tous les êtres. Quel est le développement nouveau qui doit s'ajouter à Taclivité spontanée et contingente pour qu'elle devienne une activité libre ? — C'est l'intelligence, répond Leibnix ; « Tintelligence est comme
l'Ame de la liberté (1).»
La liberté, en effet, ne consiste point pour Leibnii dans une volonté indifférente, qui agirait sans motif ou contre le motif le plus inclinant. « L'indifférence, dit-il avec raison, natt de l'igno- « rance, et plus on est sage, plus on est déterminé à ce qu'il y a « de plus parfait... Toutes les actions sont déterminées et jamais t indifférentes, parce qu'il y a toujours une raison qui incline, t Rien ne se Cait sans raison. La liberté d'indifférence est donc « impossible, et ne se trouve môme pas en Dieu (2). m Si la liberté existe quelque part, c'est quand nous agissons avec des motifs. Dès lors, il faut bien que les motifs contribuent à la liberté au lieu de la détruire. Et en effet, dit Leibnis, la liaison des motifs ou, ce qui revient au même, la liaison des causes et des effets, « ]3ien loin de produire une fatalité insupportable, fournit plutôt tr un moyen de la lever ». Ce moyen, c'est d'abord de donner à l'être libre la connaissance des raisons de ses actes. « Pour ap« « peler les actions libres, nous demandons non-seulement qu'elles tr soient spontanées, mais encore qu'elles soient délibérées. » « La liberté est la spontanéité de l'être intelligent (3). » De ce que la volonté d'un être intelligent est toujours conforme aux motifs, faut-il en conclure que celte volonté n'est pas libre ? Non, car les motifs qui me déterminent sont mes motifs, et en leur obéissant, c*est à moi que j'obéis; or, ne dépendre que de soi, c'est précisément la liberté. Mais si mes motifs sont des passions, suffira- t-il que je connaisse ces passions pour qu'elles deviennent mon activité propre T Non sans doute. Il faut donc que les motifs de mon action, pour être compatibles avec la liberté, et être vraiment miens, se confondent avec moi-même : car alors, dépendre