Nouveaux essais, II, 21, 9« d. 131. Erdmanii, GG9 à
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de mes motifs, ce sera ne dépendre que de moi; or, quels sont les seuls moUrs qui se confondent ainsi avec ma propre nature f Ce sont les motifs rationnels; car, au fond, la raison est mon essence ; je suis moi parce que je suis intelligent, et je suis in tel* ligent parce que je suis raisonnable. C'est donc seulement lors* q[ue je suis raisonnable, lorsque j'agis selon la raison que je suis vraiment libre : « L*Ame, dit Leibnii, est libre dans les actions « volontaires où elle a des pensées distinctes et où elle montre « de la raison ; mais les perceptions confuses, réglées sur le corps, « naissent des perceptions confuses précédentes, sans qu'il soit m nécessaire que TAme les veuille et qu'elle les prévoie. — « Dieu « seul est parfaitement libre, et les esprits créés ne le sont qu'à € mesure qu'ils sont au-dessus des passions (2). • Il en résulte que la liberté est variable comme la sagesse même : plus on est sage et vertueux, plus on est libre, car, étant en possession de sa raison, on est en possession de soi et on agit par soi.
L'activité rationnelle, en môme temps qu'elle est le vrai fond de l'individualité, est aussi ce qui représente le plus distinctement l'universel : elle est le a miroir » du monde et surtout de Dieu. Dès lors, en agissant selon la raison et avec liberté, on se trouve mieux que jamais en barmonie avec le monde entier et avec Dieu : les actions libres se trouvent donc d'accord avec la providence universelle. C'est ainsi que Leibniz espère concilier la liberté et la providence, le règne moral et le règne de la nature, l'activité individuelle et le déterminisme universel.
D'après ce qui précède, d'où peut venir le mal moral ? Leibniz répond comme Socrate et Platon : —De Tignorance et de l'erreur : « Peccatum ab errore (1). > Au fond, cela revient à dire que, si le bien est libre, le mal ne l'est pas.
Quelque profonde et vraie que soit toute cette théorie de Leibniz, suffit-elle à constituer une liberté vraiment morale, et non pas seulement intellectuelUt Y a-t-il une grande différence entre la motion de la liberté que propose Leibniz, et celle des Stoïciens on de Spinoza? A vrai dire, être libre au sens de Leibniz, c'est simplement avoir conscience de la nécessité de ses actes en tant que moyens du plus grand bien. Ce n'est plus là sans doute une nécessité produite par contrainte extérieure, mais plutôt une nécessité de convenance intérieure et de désir; cependant, si le