Ibid
128 nuLMonm b« unnjs.
à nue prédestiBatimi rigide qui ressemble fort au fatalisme.
Malgré cela, Leibnis continue de soutenir que le péché est parfaitement libre, et, mêlant mal à propos les dogmes thëologiques aux spéculations métaphysiques : • Personne n'est damné, « dit-il, que par lui-même, et ne persévère dans son état de mi- « sére que par sa propre volonté (1). » D*autre part, cependant, il demeure vrai, selon lui, de dire que le mal devait être, et que Dieu lui-même l'a décrété. « Ce que Dieu prononce regarde toute « la suite à la fois, dont il ne fait que décréter l'existence. Pour sauver d'autres hommes ou autrement, il aurait fallu choisir « une tout autre suite générale, car tout est lié dans chaque suite... m Dieu choisit le meilleur absolument. Si quelqu'un est méchant « et malheureux avec cela, il lui appartenait de l'être (2). § Ainsi Dieu décrète nos erreurs, nos crimes et notre malheur I Un tel décret, pourrait-on répondre, ne saurait s'expliquer que de deux manières : — ou bien les crimes sont bons et nécessaires, et alors pourquoi nous en punir T Dieu devrait plutôt nous récompenser pour avoir joué docilement notre râle dans le meilleur monde possible et même pour avoir coopéré à sa propre existence ; ou les crimes sont mauvais, et alors Dieu, qui en est par son décret le véritable auteur, renferme en lui-même le mal. Il est vrai qu*ailleurs Leibnis prononce des paroles moins dures et exprime l'espérance qu'un jour toutes les créatures seront sauvées, comme Pont cm les Persans et les Manichéens; mais il reste toujours à expliquer comment le mal, même provisoire, se concilie avec la puissance et la bonté divines: Leibnix ne l'explique pas et per^ sonne no Ta expliqué.
Toutes ces hésitations font regretter le mélange de théologie et de philosophie que Leibnix a si souvent introduit dans ses livres et en particulier dans ses Essais de Théodicée. Même en laissant de cAté la partie théologique, il reste une conception philosophique de Dieu peu satisfaisante : le Dieu de Leibnis demeure trop esclave des fatalités de la logiqirc ou de la mécanique : il ne manifeste pas une bonté vraiment libre. La théodicée est la partie faible de ce grand système philosophique oii Leibnis cherchait à faire tout rentrer. On a même cru (à tort selon nous), que Leibniz n'avait pas été sincère dans sa théodicée. Pas plus que les autres méta« physiciens avant Kant , il n'a pu éviter les contradictions et