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îhid, ch. VII, VIII, XII, XIII

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la situation des sujets par rapport au prince. Le prince est devant eux dans Tétat de nature^ et ils sont devant lui dans l'état de défense naturelle : c'est une guerre sourde ou déclarée, mais c'est une guerre, et dès que la nation est la plus forte, elle renverse à bon droit, dit Locke, celui qui prétendait l'asservir (1).

Le pouvoir politique, n'étant point absolu, doit avoir des limites ; et la limite de tout pouvoir, c'est le devoir. Si Ton donne à une personne un pouvoir pour une certaine fin, elle a le droit d'en user pour cette fin, et non pour ce qui lui est contraire ; sans quoi elle violerait son mandat. Or, la fin de la société civile et du gouvernement, c'est la conservation de tout ce que les hommes possèdent en propre : la vie, la liberté, les biens, et, en un seul mot, les propriétés de toutes sortes. C'est pour la protection de toutes ces libertés et propriétés que * la société est instituée et que les citoyens renoncent à exercer par eux-mêmes leur droit de défense ou de réparation. Il y aurait donc une absurdité dans l'abdication complète que Hobbes demande aux citoyens : car il serait absurde que chacun renonçât au pou-* voir naturel de repousser ou de réparer l'injustice, et qu'il livrât en même temps tous les droits pour la protection desquels il consent à faire abandon de ce pouvoir. Ne serait-ce pas là le plus étrange des calculs et le plus inepte des contrats? Donc nous n'abandonnons le pouvoir de nous défendre nous-mêmes qu'en échange d'une garantie pour tous nous droits : c'est là l'objet de l'institution civile. Si le pouvoir politique va contre cet objet, il se met en guerre avec la société, et rétablit lui-mé^e l'état de nature qu'il était appelé à terminer. Le contrat violé par une des parties ne peut plus lier l'autre. En un mot, la limite essentielle au pouvoir politique est la limite même des droits naturels pour la défense desquels il existe.

Appliquons cette règle générale aux deux principaux pouvoirs « législatif et exécutif.

C'est, selon Locke, le législatif qui est le pouvoir suprême, car c'est lui qui fait la loi, dont Texécutif ne fait que l'application. Mais le pouvoir législatif a beau être le pouvoir souverain, il n'est pas pour cela absolu. Qu'est-ce en effet que le pouvoir souverain 1 G est simplement, d'après Locke, la somme des pouvoirs que chaque homme possédait primitivement. Et comme chacuu a un pouvoir égal à celui des autres, le pouvoir législatif n'est pas lui-même

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