‹ Histoire de la philosophieChapitre 245 sur 397 · HUMB · texte numérisé non relu

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a même de dogmatisme à renoncer à la philosophie ainsi com* « prise, qu'il n'y en aurait à se jeter dans la plus téméraire spé- « culation (1). » Ou a réussi à fixer les lois des révolutions planétaires; pourquoi Taudrait-il désespérer de fixer les lois de notre intelligence? — Telle est la tâche de la philosophie critique, dana laquelle Hume se montre le précurseur de Kant.

Que trouvons-nous en notre intelligence par une réflexion attentive 7 — Des états de conscience divers, et des rapports qui les relient. Examinons avec Hume et la nature de ces états et la nature de ces rapports.

Les états de conscience, ou phénomènes, sont de deux sortes : 1® les impressions ou perceptions actuelles, comme celles du froid ou du chaud, du plaisir ou de la douleur; 2* les idées, qui ne sont que des impressions plus faibles, comme le souvenir du froid et du chaud, du plaisir et de la douleur. « Les idées sont « les copies des impressions, et chaque perception languissante a est rafiaiblissement de quelque perception plus vive. » Voilà l'étoffe de nos pensées. « Cette étoffe est prise tout entière ou « des sens extérieurs ou du sentiment interne ; la fonction de « l'âme consiste à en faire rassortiment et le mélange (2). »

Quant aux rapports qui relient les états de conscienC'e, Hume les réduit aux lois de Vassocialion des idées. Ces rapports sont de trois sortes : 1* ressemblance (ou différence) : Tidée du blanc, par exemple, rappelle Tidée du rouge ; 2"^ contiguïté de temps ou de lieu; 3* succession nécessaire^ vulgairement appelée rapport de causalité.

D'.nprès cela, qu'est-ce que la substance et la cause? — De simples associations de phénomènes, dont l'ontologie a fait mal à propos des entités subsistant au delà et au-dessous des phénomènes. Déjà la substance matérielle a été réduite par Berkeley à un ensemble de perceptions; mais, selon Hume, la substance spirituelle est du même genre. En effet, ce que nous ap« pelons le moi un et identique ne nous est révélé par aucune impression simple et constante, « car il n'y a pas en nous, dit Hume, d'impression constante et invariable. » Lors donc que je cherche ce que j'appelle moi, je me heurte toujours à telle ou telle sensation particulière et ne puis réellement apercevoir que cette sensation. Par conséquent le moi n'a de réalité que dans

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