LA PHILOSOPHIE FRANÇAISE AU DIX-HUITIÈME SIÈCLF
encore très-vague à cette époque, et moatre l'humanité avançant toujours malgré les perturbations mômes de sa marche: « Ce n'est c qu'après des siècles et par des réactions sanglantes qce le desc potisme a enfin appris à se modérer lui-méoie, et la liberté à se c régler ; et c'est ainsi que, par des alternatives d'agitation et de c calme, de biens et de maux, la masse totale du genre humain a c marché sans cesse vers la perfection. »
Gondorcet, poursuivi par la tyrannie jacobine, écrit avant de mourir son Esquisse d'un tableau historique des progrès de Vesprit humain. « Si l'homme peut prédire avec une assurance c presque entière les phénomènes dont il connaît les lois; si, lors c même qu'elles lui sont inconnues, il peut, d'après Texpérience c du passé, prévoir avec une grande probabilité les événements de c l'avenir, pourquoi regarderait-on comme une entreprise chimé- « -rique de tracer avec quelque vraisemblance le tableau des destif nées futures de l'espèce humaine d'après les résultats de son c histoire? > Ces progrès seront, d*après Gondorcet, i® la destruction de l'inégalité entre les nations, et de leurs luttes ; 2» les progrès de l'égalité dans un même peuple sous le rapport des richesses et de l'instruction ; égalité que produira la liberté même, par l'abolition dos lois factices, des prohibitions, des formalités, des monopoles, par les caissen d'épargne, par les assurances sur la vie, par les institutions de crédit et les associations. Gondorcet voudrait qu'on instruisit c la masse entière du peuple de tout ce c que chaque homme a besoin de savoir pour l'économie domesc tique, pour l'administration de ses affaires, pour le libre dévec loppement de son industrie et de ses facultés, pour connaître ses c droits, les défendre et les exercer; pour être instruit de ses de- « voirs, pour les bien remplir, pour juger ses actions et celles des « autres d*après ses propres lumières, et n'être étranger à aucun c des sentiments élevés ou délicats qui honorent la nature huc maine. »
Ges progrès auront pour résultat, dit Gondorcet, le perfection* nemeut réel de notre espèce : 1* progrès des méthodes, qui permettra d'apprendre en moins de temps un plus grand nombre de c^^nnaissances et de les répandre dans un plus grand nombre d'esprits ; 2^ perfectionnement des sciences de la nature et des inventions ; 3* perfectionnement des sciences morales et philosophiques par l'analyse des facultés intellectuelles et morales de l'homme ; 4» perfectionnement de la science sociale par l'application du calcul des probabilités à cette science ; 5* par suitei