‹ Histoire de la philosophieChapitre 286 sur 397 · PHILOSOPHIE SOCIALE. — TUR60T ET GONDORCET · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE SOCIALE. — TUR60T ET GONDORCET

perfectionnement des institutions et des lois; 6® abolition de l'inégalité des sexes et égalité des droits entre Thomme et la femme; 7* diminution, puis abolition des guerres de conquête ; 8* établissement d*une langue scientifique universelle ; 9* augmentation progressive de la durée moyenne de la vie, par le progrès de la médecine et de Thygiène, de telle sorte que la mort, quoique inévitable et jusqu'à un certain point désirable pour Tindividu, résulte seulement, soit d*accident8 eitraordinaireSi soit de la lente extinction des forces vitales,

La philosophie française du xviii* siècle se résuma dans la Déclaration d'indépendance des États-Unis et dans la Z>^c2ara/ion des droits de l'homme. On lui doit les grandes réformes morales et sociales introduites dans le monde par la révolution française. Quant aux excès et aux crimes de cette révolution, ils furent non les applications, mais au contraire la violation la plus flagrante des principes posés par les philosophes (1).

1. « Le contraste entre la bénignité des théories et la violence des actes, qui a été Tun des caractères les plus étranges de la révolution fran* Çaise, ne surprendra personne, si on fait attention que cette révolution a été préparée par les classes les plus civilisées de la nation et exécutée par les plus incuites et les plus rudes. i> (De Tocquevilie, L'ancien régime et la

RévoiuHon, m, vm.)

Voir dans nos Extraits des philosophes, Conoillac, I. Importance de l'étude des origines de nos connaissances, 289. II. Génération des opérations de Tâme : perception, conscience, attention, réminiscence, ré« flexion, 290. III. Nous n'apercevons que nos sensations, 291. IV. Gomment on acquiert l'idée de l'espace, 391. V. Nous n'avons point d'idée de rinfini^ 291. VI. Le raisonnement est une suite d'équations^ 292. VII. L'analyse, 292. VIII. Union intime du raisonnement et du langage, 294.

— Montesquieu, 294. I. Des lois^ dans le rapport qu'elles ont avec les divers étres^ 295. II. Des lois positives, 295. III. Du gouvernement démocratique, 296. IV. Principes vitaux des divers gouvernements. — Nécessité de la vertu dans la démocratie, 298. V. Les préjugés de Thonneur sont le ressort des gouvernements monarchiques, 209. VI. La vertu dans les gouvernements démocratiques, 300. VII. Du despotisme, 301. VIII. Théorie de la séparation des trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), 302. IX. Sur Tesclavage, o04. X. Delà sévérité des peines. — Ses inconvénients, 305. XI. Sur le duel, 3J6. — Voltaikb, 308. 1. Apologie des causes finales, 309. II. Sur l'âme et l'immortalité, 310. III. Sur les idées innées, 310. IV. Sur l'idée de la justice, 311. <— J.-J. Rousseau, 311. I. Du droit du plus fort. — Différence de la force et du droit. — La puis« sance n'oblise que si elle est légitime, 311. IL Caractère sacré et inaliénable de la liberté humaine, 312, III. Qu'il faut toujours remonter à une

{première convention, 313, IV. Du pacte social, 314. V. Qu'est-ce que la oî? — La loi civile et politique doit être l'expression de la volonté nationale, 315. VL Du gouvernement. — Divers pouvoirs qui le constituent.

— Rapport du gouvernement à l'Etat, 316, VIL L'égalité, 316. VIII. Que la souveraineté est inaliénable, 317, etc.

CHAPITRE HUITIÈME Philosophie allemande au dix-huitième siècle. — Kant (!).

MÉTHODB DR Kant. — Entre le dogmatisme et le scepticisme, Kant Tcut fonder une philosophie critique, dont le point de départ sera la critique de notre faculté de connaître, de notre raison, soit dans son usafire théorique {Critique de la raison pure), soit dans son usage moral (Critiqtœ de la raison pratiqué^.

Critique de la raison pore. — I. Possibilité de la science. — Principe fondamental de la critique de nos facultés : distinction des cho«;cs telles Qu'elles apparaissent (phénomènes) et des choses telles qu'elles sont (réalités intelligibles ou noumènes). Nous ne pouvons connaître les choses que comme elles apparaissent à nos facultés, et la manière dont elles apparaissent est réglée sur la nature même de ces facultés. Kaot, au lieu de soumettre la pensée aux choses, soumet les choses à la pensée. Comment il se compare lui-même à Copernic. — La nature essentielle de la pensée, c'est l'unité ; et penser, c'est unir. Les trois opérations par lesquelles nous introduisons une unité de plus en plus grande dans les matériaux de notre connaissance sont la sensibilité, l'entendement et la raison. -* Analyse et critique des trois facultés intellectuelles. — 1° SensibilUé, — Nous n^avons d'abord que des sensations multiples et incohérentes. La sensibilité externe range les objets dans l'espace. Le sens interne ou conscience empirique range les objets dans le temps. — Critique des notions d'espace et de temps. L'espace et le temps sont des conditions de notre sensibilité sans lesquelles nous ne pourrions rien percevoir, des cadres et des formes nécessaires à Texercice de la pensée; mais rien ne prouve que l'espace et le temps soient aussi les conditions des choses telles qu'elles sont en elles-mêmes. Constitués d'une autre manière, nous ne verrions peut-ôtre plus les choses sous les formes de l'espace et du temps. Ces formes sont subjectives. — 2<» Entendement, — L'entendement ou faculté de juger établit entre les phénomènes des relations invariables, qui sont les lois de la science. Les trois grandes lois auxquelles se ramènent toutes les autres sont celles que Leibniz appelait principe de la raison suffisante, principe de l'harmonie réci* proque entre tous les ôtres,et principe de la permanence de la force. Ces trois lois font de l'univers un tout soumis à la nécessité et enchaîné par un déterminisme universel. Le déterminisme est la condition même de l'expérience et de la science. — Mais les lois de succession uniforme, de permanence, de réciprocité, que nous imposons aux objets peuvent être encore des conditions toutes subjectives de notre connaissance.il est possible que le déterminisme exprime la manière dont les choses nous apparaissent, et non la manière dont elles sont. — Conclusion : la science

1. Kant, né en 1724, à Rœnigsberg (Prusse), y professa presque toutes les sciences. — Principaux ouvrages : Critique de la raison pure, 2 voi. in-8o (traduit en français par M. iiarnî); Critique de la raison pratique; Critique du jugement; Principes métaphysiques des mœurs; Principes métaphysiques du droit (traduits par MM. Tissot et Barni).

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