‹ Histoire de la philosophieChapitre 287 sur 397 · UI^TUODB DE KANT · texte numérisé non relu

UI^TUODB DE KANT

positive est possible dans les limites de rcxpérieQce et conformémv'it aux lois i priori de la sensibilUé et de l'entendement, n. Possibilité db la hétaphtsique. — La sensibilité et Tentendemcni n'ont pas encore réduit la connaissance à son unité la plus haute, qui est robiet de la raison. — La raison cherche en tout le premier principe, l'inconditionnel, l'absolu^ par conséquent FAme, le Monde, Dieu. Sur CCS trois idées repose toute la métaphysique. — La métaphysique estelle possible comme science, ou simplement comme croyance? ~ Critique des prétentions du dofrmatisme qui vent faire de la métaphysique une science positive. — L Lame, — Première question de Tancienne ontologie. Démontrer l'existence de Fàme conçue comme substance simph et identique. — Impossibilité d'une telle démonstration, par laquelle nous passerions du sujet qui se connaît lui-même à un objet qui lui est inconnu, la substance. II. -^ Vimivers, Déterminisme et liberté. — Seconde question de l'ontoloj^ie spéculative : auelle est la nature absolue de l'univers. Cette question donne lieu à des thèses contraires qui peuvent également se soutenir, c'est-à-dire à des « antinomies. *» Première antinomie : Le monde est-il limité dans le temps et dans l'espace? Deuxième antinomie: Le monde est-il divisible à l'inGni, ou a-t-il des parties simples? Troisième antinomie: Exlste-t-il une liberté morale, ou n'existe-t-il qu'un déterminisme physique? Quatrième antinomie : Y a-t-il un être nécessaire, ou seulement des êtres contingents? — La plus importantes des antinomies est celle de la liberté et du déterminisme. Notre vie est double. Nous sommes soumis au déterminisme dans nos actions et dans notre vie sensible, qui se déroule à travers le temps. Mais nous pouvons être libres dans notre « moi absolu », dans notre vie intelligible, qui est supérieure au temps. — Si la liberté est possible, existe-t-elle en fait? Nous ne pouvons le savoir ni par Texpérience psychologique ni par la démonstration logique ; mais nous devons croire à notre liberté parce qu'elle est la condition du devoir, et que le devoir est ce qu'il a de plus certain. La morale seule peut résoudre le problème de la liberté. — lU. Dieu. - Troibième question de la métaphysique spéculative : L'existence de Dieu. — Critique de la preuve des causes finales : l'ordre imparfait dont nous sommes témoins ne peut nous apprendre si le monde est l'œuvre d'une intelligence parfaite ou imparfaite, consciente ou inconsciente, unique ou multiple. — Critique de la preuve des causes efficientes : la cause première peut être la matière, ou une pensée instinctive, ou tout autre principe. — Critique de la preuve ontologique : nous ne pouvons passer logiquement de l'idée de perfection qui est dans notre pensée à un objet parfait qui serait en dehors de notre pensée. — Kant conclut que la métaphysique spéculative est impuissante à démontrer l'existence de Dieu. — IV. Possibilité de croyances métaphysiques fondées sur la morale, ou c postulats • métaphysiques de la morale. Nous pouvons avoir, non une science métaphysique, mais des croyances métaphysiques fondées sur la morale. Premier postulat de la morale : le souverain bien, que nous avons le devoir de réaliser, est possible. — Deuxième postulat: pour que le souverain bien soit possible, il faut que la personne soit immortelle. — Troisième postulat : pour que la personne soit immortelle et réalise le souverain bien, il faut que le principe suprême de l'univers soit un principe moral. — La conception de Dieu est un moyen par lequel nous nous représentons le triomphe final de la moralité dans le monde. Nous ne savons pas si Dieu est ; nous voulons que Dieu soit, et que tout se passe comme si Dieu était. — Conclusion : ce n'est pas la morale qui se londe sur la métaphysique et la théologie ; c'est au contraire la métaphysique et la théologie qui se fondent sur la morale.

394 LA PHILOSOPHIE ALLE&fANDE AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE.

Critique de la raison pratique. La morale. — I. le devoir.— Deux espèces de commandements ou d' « impératife. » Gommandemeuts cooditionoels ou hypothétiques, comme ceux de rintérèt. Commandements absolus ou catégoriques, qui sont ceux du devoir. — II. Essence et formule du devoir. — Une seule chose dans le monde a une valeur absolue: la bonne volonté. La volonté libre et raisonnable est l'essence même du devoir ; elle est tout à la fois le sujet et l'objet de la loi morale. De là l'autonomie de la volonté. — Première formule de la loi morale : «^ A^is de telle sorte que tu traites toujours la volonté raisonnable, c'est-à-dire l'humanité, en toi et en autrui, comme une fin et non comme un moven. • — Deuxième formule de la loi morale : « Agis comme si tu étais législateur en même temps que sujet dans la république des volontés libres et raisonnables. »— Troisième formule de la loi morale : « Agis de telle sorte que la raison de ton action puisse être érigée en loi universelle pour toute volonté raisonnable et libre. »•» IIL Le droit. — Le respect absola de la personne libre est le fondement moral du droit comme du devoir. Formule du droit : « Agis extérieurement de telle sorte que ta liberté

Î>uisse s'accorder avec la liberté de tous. * — Tout droit engendre la acuité de contraindre. — Du droit de propriété. — Du droit international. C'est un devoir pour les individus et (lour les peuples de travailler à rétablissement de la paix, a Projet de paix perpétuelle. » Conditions principales de cette paix.

IV. L'Art. — Entre la science théorique et la morale pratique, l'art est un intermédiaire. Critique du jugement esthétique. La beauté est la représentation symbolique de la moralité, et par conséquent de la liberté, au moyen des formes de la vie. Différence du beau et du sublime. Le sublime est Tinflni^ il n'est pas vraiment dans la nature, mais dans la pensée. Caractères qui appartiennent au sentiment du sublime. — Conclusion : comme la science, comme la vertu, l'art a pour but de développer en nous la conscience de la liberté.

La lecture de Hume avait produit sur l'esprit de Kant une profonde impression, et lui avait fait comprendre l'insuffisance des deux espèces de métaphysique qui s'étaient jusque-là partagé les esprits : dogmatisme et scepticisme. La philosophie, dans sa partie expérimentale, par exemple dans la psychologie, avait fait d'incontestables progrès ; mais dans sa partie métaphysique, qui est cependant la plus importante, elle semblait livrée à des disputes sans issue. Les métaphysiciens dogmatiques, dit Kant, aux prises avec les idées, paraissent lutter avec des ombres; « quand ils croient combattre avec avantage, les ombres qu'ils pourfendent se reproduisent en un clin d'œil comme les héros de Walhalla, en sorte qu'ils peuvent toujours se donner le plaisir de frapper des coups sanglants. » Les sceptiques, témoins de ces lutles, nièrent la possibilité de toute métaphysique ; mais leurs négations, utiles pour contrebalancer des affirmations excessives n'étaient au fond pas mieux démontrées. De ce qu'on n'a pu jusqu'ici résoudre un problème, il n'en résulte pas que le problème

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