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KANT. — POSSIBILITÉ DB LA SGIBNGB

ce qu'ils sont en eux-mâmes et indépendamment de nous, nous lie pouvons le savoir. Les choses sont pour nous comme nous les pensons, voilà ce qu'on peut affirmer à priori.

Ck>mment donc pensons-nous 7 Quelle est la constitution de nos facultés intellectuelles, qui s'impose nécessairement aux objets mêmes de ces facultés 7

Nous n'avons d'abord, dit Kant, que des sensations multiples, confuses, incohérentes : couleurs, saveurs, odeurs, etc.; ce sont là les éléments épars de notre connaissance, c*est la matière de Botie connaissance qui nous vient du dehors. Si toutes les sensations restaient en ce désordre, notre vie serait comme un rêve, et, à vrai dire, nous ne penserions pas. Nous ne pensons véritablement que quand nous introduisons un ordre dans cette multitude de sensations ; nous ne pensons que quand nous donnons une forme à cette matière. Pour cela, il faut y mettre un lien et une certaine unité, par exemple joindre ensemble la sensation de l'âtre, du feu et de la chaleur. Cette unité, qui n'existait pas d'abord dans nos sensations, c'est notre pensée qui l'y introduit. La sensation est passive, la pensée est active, et son acte propre consiste à relier les phénomènes^ à en faire la « synthèse ». Penser, c'est unir.

Les diverses facultés par lesquelles nous mettons de l'unité dans les objets de nos connaissances sont, selon Kant, au nombre de trois : sensibilité, entendement et raison.

La sensibilité externe unit d'abord les objets dans l'espace : percevoir un corps, par exemple le soleil, c'est coordonner dans l'espace les sensations qu'il fournit, c'est parcourir la figure qu'il trace et la dessiner intérieurement dans son imagination comme sur un tableau. Tant que nous n'avons pas ainsi relié nos sensations pour en faire une sorte de dessin, nous ne percevons rien de distinct : tout demeure flottant et insaisissable. On peut donc dire que le cadre nécessaire aux sensations extérieures, pour être perçues par nous, c'est l'espace. De même, la sensibilité intérieure ou sens intime, qu'on appelle encore la conscience empirique, coordonne en séries régulières les plaisirs ou douleurs, les idées, les résolutions, et place toutes ces séries sur une ligne uniforme, qui est le temps.

D'après cela, qu'est-ce que l'espace et le temps 7 — Des con^ ditions de notre sensibilité, sans lesquelles nous ne pourrions rien percevoir, des moyens par lesquels nous unissons nos sen-

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