‹ Histoire de la philosophieChapitre 300 sur 397 · I. - lAINE DE BIBAI · texte numérisé non relu

I. - lAINE DE BIBAI

I. Méthode de réflexion. — La vraie méthode de la philosophie est celle qui se préoccupe du sujet actif et pensaat, non des objets sur lesquels rexerce l'activité et la pensée. Le procédé essentiel de cette méthode est

's lui-même. Maine Tobservation super- ^entendent les Ecossais et lesAnglais, et à la spéculation sur les substances transcendantes telle que Ta pratiquée l'ancienne ontologie. — II. Résultat de la méthode fisychologique: conscience de la volonté. — La réflexion aboutit à la conscience de la volonté, qui est plus intime au moi que la pensée même. Il ne faut pas dire seulement : Je pense, donc je siâs, mais : Je veux, donc je suis. — La conscience de vouloir est la conscience d'être cause : elle est l'origine de l'idée de cause. — Le moi, qui se saisit intérieurement comme cause, s'ignore absolument comme substance. La cause, c'est le «i<;e^ actif; la substance, c'est un objet qui servirait de supportau sujet même : un tel objet nous échappe.— Quant au principe de causalité universelle: « tout changement a une cause », il est une mduction et une extension au dehors de la causalité qui est en nous. — L'intelligence n*est qu'une forme de la volonté : percevoir, c*est mouvoir ; avoir la conscience de soi, c'est a^ir; avoir la raison, c'est étendre et attribuer à tous les êtres l'activité qui est en nous-mêmes. ^ III. Développement graduel de la volonté à travers les a trois vies. » — l» Vie inférieure et animale, consistant dans des affections passives et dans des représentations ou images : c'est la vie inconsciente de l'animal, qui subsiste encore chez l'homme. — 2^ Vie moyenne et proprement humaine, consistant dans la perception des objets et dans la réflexion du sujet sur lui-même. Perception et reflexion sont inséparablement liées dans le ■ fait primitif de conscience >» qui est c reflbrt moteur. • Maine de Biran essaye de prouver contre Hume que nous avons conscience de notre force motrice, c'est-à-dire d'une puissance de mouvoir en connexion immédiate avec une résistance. Le moi se pose par l'eflort, en rencontrant l'opposition da non moi. Maine de Biran flnit par réduire le moi tout entier à la conscience de l'efl'ort, la volonté à la force motrice. Il n'insiste pas assez sur la volonté véritable, qui résiderait dans la liberté morale et non dans TefTort physique. — 3<» Vie divine. Aussi, lorsque Maine de Biran sent le besoin ae concevoir une vie supérieure à celle de l'effort matériel, au lieu de se la représenter comme l'exaltation et l'union des personnalités, il se la représente comme l'abolition de la personnalité, comme l'ab sorption du moi et de la conscience humaine dans la grâce divine. De là le mysticisme auquel, dans la dernière période de son existence» aboutit Maine de Biran.

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