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LA PHILOSOPHIE FRANÇAISE AU DIX-NEUVIÈMB SIÈCLE

c le philosophe est libre de se faire l'opinion qu'il veut, et cen*est « pas là an de ces points où l'accord est nécessaire ; mais c^est « une méprise de M. Comte de ne jamais laisser de questions ouc vertes. » Les partisans de Hamilton et de M. Spencer, qui appellent eux-mêmes leur doctrine « la philosophie du conditionné ou du relatif », soutiennent à leur tour, contrairement aux prétentions du positivisme, que les problèmes métaphysiques sur l'absolu ff doivent nécessairement se poser, qu^ils c ont une place « légitime et nécessaire dans toute étude de la nature humaine « et de la pensée humaine, et que, quand même la philosophie « ne pourrait les résoudre, elle serait encore tenue de moutrer « pourquoi ils sont insolubles (()• '

La méthode positiviste part donc d*un esprit trop exclusif, qui n*est pas le véritable esprit philosophique.

A cette méthode Auguste Comte ajouta des vues historiques, qu*il croyait entièrementoriginales, sur les troisétats par où passe nécessairement selon lui la connaissance humaine : état théologique, état métaphysique et état scientifique. Le germe de cette théorie élait déjà dans Turgot. « Avant de connaître la liaison des ei^et^ « physiques entre eux », disait ce dernier dans son Histoire des progrès de V esprit humain^ « il n'y eut rien de plus naturel que « de supposer qu'ils étaient produits par des êtres intelligents « invisibles et semblables à nous. Car à quoi auraient-ils res- « semblé 7 Tout ce qui arrivait sans que les hommes y eussent « part eut son dieu. » C'est la période théologique, c Quand les « philosophes eurent reconnu l'absurdité do ces fables, ajoute 0 Turgot, sans avoir acquis néanmoins de vraies lumières sur « Tbistoire naturelle, ils imaginèrent d'expliquer les causes des « phénomènes par des expressions abstraites, comme essences et « facultés, expressions qui cependant n'expliquaient rien, et dont « on raisonnait comme si elles eussent été des êtres, de nou- « velles divinités substituées aux anciennes. » C'est ce qu'Auguste Comte appelle Texplication métaphysique, oubliant que les métaphysiciens véritables, comme Aristote, Descartes et Leibniz, furent précisément ceux qui bannirent ces entités. Enfin Turgot ajoute : « Ce ne fut que bien tard, en observant Faction mécanique que « les corps ont les uns sur les autres, qu'on tira de cette méca- « nique d'autres hypothèses que les mathématiques purent dé- « velopper et l'expérience vérifier. » C'est ce qu'Auguste Comte

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