‹ Histoire de la philosophieChapitre 315 sur 397 · Louis Re^baud, J&td · texte numérisé non relu

Louis Re^baud, J&td

2. Quant aux hypothèses extravagantes de Fourier sur Tavonir et les transfurmatioDs de 1 espèce humaine, il ne semble pas que Punrier luimême tes ait prises au sérieux, et il est Intéressant de voir ce qu*il en dit. « Les détracteurs se dénoncent eux-mêmes en m'attaquant sur des sciences

431 LA FHILOSOPHIB PHANÇAISB AU DIX-NBDVIÈICB SIÈCLE.

violente et dans les paradoxes les plus sophistiques, essaya de transporter dans la philosophie et dans l'économie politique la méthode de Hegel, qui procède par thèse, antithèse et synthèse. Cette méthode lui permit de tout nier et de tout affirmer tour à tour. 11 répète avec Hegel que rien ne subsiste et que tout devient, que la nature est une danse éternelle en dehors de laquelle rien n'existe, et que le rhythme qui commande cette danse est TMée suprême, dont toute réalité est toujours inflaiment éloignée. Le progrès vers l'Idée est certain, et pourtant ce progrès est le produit de la liberté. La liberté n'est du reste^ selon lui, qu'une résultante de forces, et cependant elle diffère en qualité de tous ses éléments, elle manifeste une force propre. Gomment une résultante fatale peut-elle être libre T c'est ce qui demeure une contradiction non résolue. Même caractère contradictoire dans les théories relatives au droit de la force et à la nécessité de la guerre pour la paix, théories où l'influence hégélienne est trop manifeste* Proudhon n'en fonde pas moins ensuite la morale tout entière sur la loi de la liberté, qui est la justice, indépendante de tout dogme métaphysique ou religieux ; le précepte fondamental de la morale est, dit-il avec raison, la réciprocité ou mutualité des services, essence de lajusticecommutative, essence du droit. Par là, chez le même écrivain, on voit la tradition de la révolution française succéder aux emprunts à la philosophie allemande. C'est sur la justice commutative et mutuelle qu'il fait reposer l'économie sociale. Cette justice se réalise peu à peu à travers une série de « contradictions économiques, » dont la plus importante est Tantithèse de la propriété et de la communauté. La propriété, ditil, a un fondement Juste, à savoir la liberté que doit avoir tout travailleur de posséder les

m nouvelles, cosmogonie, psychogooie, analogie, qui sont en dehors de la « théorie de TiDdustrie combinée. Quand il serait vrai que ces nouvelles « sciences fussent erronées, romanesques, il ne resterait pas moins certain « que je suis le premier et le seul qui ait donné un procédé pour associer « les inégalités et quadrupler le produit, en employant les passions, carac- « tères et instincts tels que la nature les donne. C est le seul point sur Ic- « quel doit se fixer l'attention, et non sur des sciences qui ne sont qu'an- « noncées. Etrange despotisme que de condamner toutes les productions « d'un autour parce que quelques-unes sont défectueuses! Newton a écrit « des rêveries sur l'Apocalypse ; il a tenté de prouver que le Pape était « i'antechrist. Sans doute ce sont des folies scientifiques; mais fes théories « sur r4ttraction et les rayons lumineux n'en sont pas moins bonnes et « admises. En jugeant tout savant et artiste, on sépare le bon or du faux. « Pourquoi suis-je le seul avec qui la critique ne veuille pas suivre cette « règle f » Théorie des quatre mouvementSf préface*

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