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2. Programmeofthe land'tenurereformassociaUon (London, LonginaD^ 1871), p. 6.

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m piQs énergique motif de faire rendre au sol le plus grand pro- « dnit possible. Mais cette raison n'est yalide que pour laisser aa « propriétaire la pleine jouissance de tout ce qu*il ajoute de va** « leur à la terre par son action et sa dépense personnelles (1). » Siuart Mill s'efforce ainsi de faire coïncider le principe d'utilité et I(» principe de droit : la plus grande utilité générale» c'est la plus grande somme de production par l'individu ; pour obtenir cette plus grande somme, le moyen nécessaire est d'accorder au producteur la jouissance exclusive du surplus de produit qu'il a créé. D*aulre part, au point de vue du droit, ce surplus, étant Tœuvre de l'individu, lui appartient par cela môme. Stuart Mill ne nous dit pourtant pas d'une manière précise s'il admet cette raison de droit, ou s'il s'en tient à la raison d'utilité.

Ces principes une fois posés, Stuart Mill en fait l'application à la propriété foncière et à la rente qui en provient.

Pin premier lieu, il trouve à la propriété foncière un caractère spécial, que Locke n'avait pas vu : « Il y a des choses, dit-il, qui « ne peuvent devenir articles de commerce sans devenir néces- « sairement articles de monopole. Il est inévitable, par exemple, « que les chemins de fer constituent un monopole. » En effet, la construction des chemins de fer fût-elle parEaitement libre, comme elle exige des capitaux énormes et de longues années de travail, il est clair que la concurrence serait toujours impossible ; si la ligne de Londres à Edimbourg élevait ses prix d'une manière exagérée, on ne pourrait pas construire une nouvelle ligne de Londres à Edimbourg pour lui faire concurrence. Le monopole, ici, est donc inévitable. « Sur ces choses, ajoute Stuart Mill, « l'État a un droit reconnu de limiter les profits; en conséquence, « 11 met une limite légale au prix du transport par voie ferrée. » De cette façon l'État empêche l'abus du monopole, et il reçoit en outre une légitime compensation, 1* pour la reconnaissance du chemin de fer comme propriété appartenant à telle société^ 2* pour la protection de cette propriété, x Maintenant, ajoute c Stuart Mill, la terre est un de ces monopoles naturels. La ( demande pour les terrains, en tout pays prospère, s'élève t constammen t, tandis que la quantité de terrains à vendre n'est cr susceptible que d'un très-faible accroissement. Les prix de tous c les articles de cette nature, lorsqu'ils sont indispensables à c l'existence humaine, tendent irrésistiblement à monter avec le

i. Principes d^Economie politique, I, 200 et ss.

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c progrès de la richesse publique et de la population. L'élévation c de la valeur de la terre et des revenus des propriétaires, dans le c cours du siècle présent, a été énorme. Nul doute qu'une partie « de cet accroissement ne soit due aux améliorations agricoles « et à la dépense de capital sur le sol, mais il faut bien recon- « naître que, pour une grande part, il est le résultat de la cfe* c mande accrue des produits agricoles et des emplacements pour c les constructions, et il se fût produit lors mémo qu'aucune « somme d'argent n'eût été dépensée pour augmenter les facultés « productives du sol. » De là provient ce que les économistes ap* pellent proprement une rente, c'est-à-dire un surplus de revenu qui ne correspond pas à uu travail du propriétaire ou à un emploi du capital par ce propriétaire, mais simplement à une augmentation de la valeur des terres par des raisons physiques et sociales. Par l'effet de la rente, le propriétaire, outre ce qui lui est dû pour son travail ou pour le loyer de ses capitaux, reçoit encore un bénéfice dû à deux causes extérieures : !• la valeur intrinsèque et croissante de la terre, 2® la valeur nouvelle que les relations sociales apportent aux produits, soit par un surplus de lemande, soit par un accroissement de population sur un point, soit par de nouveaux débouchés, etc. Il y a donc une part du revenu qui revient à la terre et à la société ; et comme la terre en elle-même appartient, selon Stuart Mill, à la société, il en résulte que la société est réellement propriétaire de cette part du produit, qui peut être lobjet d'un impôt et, au besoin, d'un impôt progressif.

La méthode de Stuart Mill est ici importante à noter. Or, le but de cette méthode, ce serait de rendre à chacun ce qui lui est dû et lui appartient, à l'individu ce que Tindividu a créé par son travail individuel, à la société ce que la société a créé par son travail collectif et son développement. Stuart Mill n'essaye-t-il pas d'appliquer ici, bien ou mal, la méthode rationnelle et déduc» tive qu'il reproche si vivement, dans sa L(»gique{\)^ aux partisans des « droits inviolables et à toute l'école française »? — « Lorst qu'on parle, ajoute-t-il, du caractère sacré de la propriété, on t devrait toujours se rappeler que ce caractère sacré n'appartient c pas au même degré à la propriété de la terre. Aucun homme n'a « fait la terre; elle est l'héritage primitif de l'espèce humaine tout t entière, et son appropriation est entièrement une 9t^«f«o;»d'u<î-

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