Economie politique, I
2. Ibid. — Vrogramme of the land-tcnure refcrm association, ilid.
un privilège exclusif sur les fonds communs et sur les bénéfices nés de Tordre social lui-même; l'individu ne peut plus revendiquer la propriété absolue et exclusive de ce qu'il n'a pas par lui-même produit absolument et exclusivement. De toutes ces considérations Stuart Mill conclut que, s'il n'y a aucune objection à faire contre rintérêt retiré des capitaux, il y a une objection à faire contre le prix du monopole résultant de la nature des choses et des progrès de la société. Stuart Mill veut laisser intact le revenu du travail et du capital; mais il croit que TÉtat peut et doit atteindre le prix du monopole naturel, ou la rente du sol proprement dite, par l'établissement d'une taxe spéciale sur la propriété foncière, taxe qui restituerait à la société la part de la société même dans la propriété individuelle. Par là, Stuart Mill prend la position intermé* diaire qui lui est habituelle entre les communistes qui nient toute propriété individuelle, et les économistes qui, ainsi que Bastial et Carey, considèrent à tort comme absolue la propriété individuelle du sol. Il ne veut pas accepter le point de vue exclusivement communiste : il croit que « Tutilité générale » elle-même rend nécessaire la reconnaissance de certains droits comme o ina* liéndbles et sacrés -b^ par exemple, le droit de propriété, avec les restrictions que nous venons de voir. Parfois môme, il semble dire que ces droits appartiennent à Thomme « en tant que créature humaine^ » et il les appelle des « droits moraux ». On re* trouve ici le caractère mixte et trop ambigu de toutes ses doctrines.
Même opinion mixte dans le problème du droit à l'assistance» naturellement lié à la question philosophique du droit de propriété. Stuart Mill admet ce droit reconnu par l'acte d'Elisabeth» qui établit la taxe des pauvres. « La société, dit-il, est composée « principalement de ceux qui vivent du travail des mains ; et si « la société, c'est-à-dire les travailleurs, prêtent leur force phy- « sique pour protéger les gens qui jouissent du superflu, ils ont le c droit de ne les protéger, et en fait ils ne les ont jamais protégé» « qu'à la condition que les taxes pourvoiraient aux dépenses de ce « supeiflu, aux dépenses ^'utilité publique \ or, parmi les chose» « d'utilité^ la subsistance du peuple est assurément la première. » Ici, comme on le voit, c'est la méthode utilitaire qui fournit les principes de la question ; mais Stuart Mill semble revenir à la considération de droit quand il ajoute : — « Gomme personne « n'est responsable de sa naissance, il n'est point de sacrifice « pécuniaire trop grand pour ceux qui possèdei^t plus que le
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« nécessaire, lorsqu'il 8*agit d'assurer à tous ceux qui existent « les moyens de vivre (1). » Toutefois, ce droit à l'assistance ne saurait être absolu et inconditionnel ; Stuart Mill le limite et le subordonne à un devoir corrélatif des individus; il faut tenir compte, dit-il, des lois de la population établies par Maltlius. « Si tout membre de la grande famille humaine a droit à € \ine place au banquet que les efforts collectifs de son espèce « ont préparé, il n'en résulte pas, pour chacun, le droit d'inviter c à ce banquet, sans le consentement de ses frères, des convives c surnuméraires ; et s*il en est qui agissent de la sorte, c'est sur € la part qui leur revient que doit être prise celle des nouveaux c venus. Il y a certainement assez et plus qu'il ne faut pour tous € ceux qui sorti nés ; mais il n'y a pas et il ne saurait y avoir « assez pour ceux qui peuvent naître ; et si à chaque individu c qui vient au monde on reconnaissait un droit absolu à porter la c main sur le fonds commun, chacun bientôt en serait réduit à « n'avoir tout au plus que de quoi vivre ; et, même dans ces c étroites limites, les ressources ne tarderaient pas à manquer. » Stuart Mill en conclut qu*il y a là deux droits relatifs l'un à l'autre et deux devoirs également relatifs de l'individu et de la société, ff II y a une moitié de la vérité d'un côté, et une moitié • du côté opposé. Ces deux moitiés se rejoindront un jour (2). » Tels sont les efforts du principal représentant de l'école anglaise utilitaire pour compléter les théories de Locke, de Rousseau et de Eant. Ce qui manque toujours à cette morale sociale, c'est UQ principe sûr et un idéal vraiment moral : les doctrines de l'école utilitaire demeurent trop souvent flottantes comme l'idée même d'utilité.
Avec M. Herbert Spencer, la sociologie se présente commR la partie la plus haute de la cosmologie. La même loi d'évolution mécanique régit le monde humain et le monde matériel. La société est un organisme au môme titre que le corps d'un animal, et son progrès consiste dans une complexité croissante et une harmonie croissante des fonctions. « La loi n'est pas une créaa tion, mais un produit naturel du caractère des peuples. » Le gouvernement est l'ensemble des institutions et des appareils de contrainte qui font échec aux penchants antisociaux ou tgoîstes,