‹ Histoire de la philosophieChapitre 362 sur 397 · III. — MORALE ET POLITIQUE D'ARISTOTE · texte numérisé non relu

III. — MORALE ET POLITIQUE D'ARISTOTE

I. Morale individuelle. — De fîn en fin, de bien en bien, on arrive à un bien suprôme qui peut seul satisfaire notre activité et produire la béatitude. Quel est ce bien ? — C'est l'acte le plus élevé que nous puissions accomplir et dans lequel consiste Tachèvement de notre nature ; c'est Tacte vraiment proj^re à Tbomme. ^ Cet acte n'est ni le mouvement, ni la vie, ni le juaisir, qui nous sont communs avec les êtres inférieurs ; c'est Teiercice de la raison, ou la pensée rationnelle. L'activité raisonnable jouissant d'elle-même, voilà le souverain bien de l'homme. — !• Vertu contemplative. — La vertu suprême, qui est la possession habituelle du souverain bien, est la contemplation de la vérité ou sagesse contemplative, dont l'idéal le plus parfait est réalisé en Dieu. — 2» Vertus pratiqtses. — Au-dessous de la vertu contemplative sont les vertus pratiques qui ont pour but de soumettre nos acuités à une sorte de discipline pour les mettre au service de la sagesse contemplative. — Les vertus inférieures consistent dans un juste milieu entre les extrêmes ; par exemple, le courage est un milieu entre la témérité et la lâcheté, la tempérance est un milieu entre la volupté et l'austérité excessive, etc. — Les vertus pratiques sont un combat et exigent l'efTort : elles ont leur but et leur pnx dans la jouissance et la paix de la vertu contemplative • . 129

II. Morale SOCIALE. — Les deux grande vertus sociales sont l'amitié ou philanthropie, et la justice,— 1» Théorie de Tamitié. — Il est meilleur et plus doux encore d'aimer que d'être aimé, de faire le bien que de le recevoir. L'amitié suppose l'égalité : notre ami est un autre nous-même. — 2* Théorie de la justice. — La justice est le respect de l'égalité entre les hommes. — Elle se divise en justice de distribution et justice d'échange. La première consiste à distribuer les choses entre les personnes proportionnellement au mérite des personnes. La seconde consiste à maintenir 1 équivalence entre les objets échang[é8, soit dans les contrats de vente et d'achat, soit dans la réparation des torts 130

m. Politique d'Aristote. — L'Etat est une réunion d'hommes libres et égaux. Réfutation des théories communistes de Platon sur la famille et la propriété. L'amour de la patrie ne gagne rien à la suppression de l'amour de la famille, et la propriété commune est moins bien gérée que la propriété particulière. — Erreurs d'Aristote sur l'esclavage : il partage la société en hommes libres et en esclaves ; ses sophismes pour fonder l'esclavage sur la nature même.— Théorie de la souveraineté. Que la souveraineté appartient à tous. Politique démocratique d'Aristote. Théorie des révolutions : qu'elles ont pour cause le mépris de la vraie égalité • • 133

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