CHAPITRE SEPTIÈME
FYRRHONISME. — ÉPICURISME ET STOÏCISME. — NOUVKLLE ACADÉMIE. — PHILOSOPHIE LATINE.
L Ptrrhon. — Après Aristote, la philosophie grecque semble lasse des hautes spéculations. Pyrrhon adopte le scepticisme. La sagesse con-
siste scion lui à ne rica affirmer et à toujours suspendre son jn<rcment lU
n. Epicube. — I. Logique et Physique. — Toute connaissance vient df-s sens ; toute existence se réduit à la matière. La matière est composée d'atomes qui se meuvent éternellement dans le vide. Ces atomes rciifer ment une certaine spontanéité qui se traduit par le pouvoir de s'écarter, de décliner de la li^ne droite, ou déclinaison. Grâce à ce pouvoir, les atomes se rencontrent et se combinent. -^ La déclinaison a son analogue dans notre liberté d'indifférence qui nous permet de nous metii*c à l'écart de la souiïrance et de goûter le vrai plaisir. Le destin ne gouverne pas toutes choses ; il faut faire une part au hasard, c'est-à-dire à la spontanéité du mouvement dans les corps et à la liberté d'indiffé* renoe dans Tâme. — H. lâorale — Le souverain bien est le plaisir stable, non le plaisir mobile et fugitif. Toute la morale consiste dans l'art d'être heureux l i5
IIL ZENON ET LES STOÏCIENS. — L Physique. — Le fond de l'être est la force, la tension, l'énergie. Nous ne sentons les choses qu'en roesa* ranl leur force à notre propre force. — La force, essence des clioses, suppose un principe passif et un principe actif; la matière est passive, la pensée ou raison est active. Ces deux principes ne sont séparés que
Sar l'abstraction. -^ La raison agit au sein même des choses, non auessus ; elle est intérieure ou immanente, non supérieure ou trans* cendante. Cette raison intérieure est à la fois le destin et la providence du monde ; car tout s'enchaîne rationnellement et nécessairement. Dieu n'est que la Raison qui agit et lutte dans l'univers. Panthéisme stolque. — il. Morale des Stoïciens. — l» Doctrine de la liberté. — Il J a dans l'individu un principe de liberté intime : la volonté faisant effort sur soi et luttant contre les obstacles extérieurs. — Distinction fondamentale des choses qui dépendent de nous, comme la force d'ànie, . et des choses qui ne dépendent pas de nous, comme les richesses ou la santé. Dans les premières seules se trouve le 6»^ proprement dit : la volonté seule peut être bonne ou mauvaise ; les autres choses sont agréables ou désagréables» vraies ou fausses, mais non à proprement parler bonnes ou mauvaises. Le bien moral est donc le seul bien. — Grandeur et beauté de ce principe. ^ Les Stoïciens ont eu raison de placer le bien dans la liberté intérieure, mais ils se sont fait une idée insuffisante de cette liberté, qu'ils conçoivent à la fin comme la nécessité comprise et acceptée. — 2<> Doctrine de la fraternité et de la justice. — La liberté ou raison, qui est l'essence de chaque homme, le rapproche de tous les auXres hommes et de tous les autres êtres : le monde entier est une famille. Vivre conformément à sa nature, c'est vivre conformément à la nature entière ; vivre conformément à sa raison, c'est vivre conformément à la raison universelle ; être libre, c'est travailler à la liberté de tous. Caritas humani generis. — Le droit, fondement de la justice, n'est que la raison écrite. — Lestoldsmea produit les plus grands jurisconsultes de l'antiquité. — Gomment cette idée du droit aboutit à la condamnation de toute tyrannie et de tout esclavage : Homo res sacra homini. ^ 3^ Doctrine du souverain bien. Le souverain bien est la vertu, qui trouve sa joie en elle-même : Gratuita est virtus ; virtutis prmmium ipsa virtus. Divinisation du sage : il est seul libre, seul roi, seul beau, seul heureux. Il est égal ou supérieur aux dieux mêmes. Il s'affranchit do plus en plus des passions et devient impassible. Il s'affranchit au besoin de la vie par un acte de suicide raisonné et volontaire. — Grandeur et défauts du stoïcisme. Sa haute idée de la dignité humaine et de la force intérieure ; comment il a méconnu la torce expansive de l'amour 146
PAn ORDRB HISTORIQUE. 515
lY. NOUVBLLB ÂGADÉM1B ET SCRPTIGIS^B EUPIRISTB. — AreésiUu et Car-
néade. — Il n'y a point de certitude, mais seulement des probabilités. — Selon JSnésidéme, Agrippa, Sextui, on ne peut saisir que des apoa-
ivnccs. Leur positivisme anticipé 156
V. IMIILOSOPHIB LATINB. — Ëpicurisme de Lucréctf ; probabiiisme académique et morale platonicienne de Cieéron ; stoïcisme de Sénéque. Absence d'origmalité ciiez les pbiiosopkes- latins * 157