‹ Histoire de la philosophieChapitre 4 sur 397 · I. - PIILQSOPRIE DE L'IIOE · texte numérisé non relu

I. - PIILQSOPRIE DE L'IIOE

L -> Métaphysique des Indiens. ^ Polythéisme et panthéisme de la religi<m brahmanique. — La première doctrine de i'inde fut le polythéisme. L'homme conçoit tontes les puissances de la nature à Timage de sa propre puissance, comme douées d'intelligence et de Yolonté. Ce polythéisme respire dans les hymnes des Védas. ^ Puis la pensée indienne passe au panthéisme qui fait le fond de la religion brahmanique. — Les dieux multiples se réunissent sous trois grands dieux, qui eux-mêmes sont les puissances diverses de TEsprit universel. -* La production du monde est une émanation de Dieu ; Dieu engendre le monde par amour, mais par un amour mêlé de désir. En tant qu'il crée. Dieu est Brahma ; en tant qu'il détruit, il est Siva ; en tant qu il conserve, il est Vichnou : c'est la trinité indienne. — A cette théorie de l'émanation divine se joint la transmigration des âmes. En vertu de cette loi, chaque être a dans l'univers la place et la forme qui conviennent à son de^é de moralité. Il n'y a point de destin extérieur qui gouverne la vie des êtres ; chaque être, par son vice on sa vertu, se fait à soi-même son propre destin. — Originalité et grandeur de cette conception.

II. ^ Morale de la religion brahmanique. —Dévotion, humilité, modestie; patience et pardon des injures ; amour et respect des faibles ; amour et respect de la femme ; pitié et respect des animaux. — Malgré sa mndeur, cette morale ne place pas dans la liberté le vrai caractère do bien. — Dans l'ordre social, elle consacre l'injustice des castes et aboutit au despotisme sacerdotal.

UI. — Philosophie indépendante dans Vlnde. — Les principaux philosophes indépendants furent Kapila, auteur d'un système sensualiste, Gotama, auteur d'un système de logique déjà remarquable, et Patandjalij chef

i LES ANCIENS PEUPLES.

d'une* école mystique à laquelle paraissent se rattacher, d'abord les doctrines exposées dans le Bhagavad Gita (supériorité de la contemplation sur Taction), et les doctrines du grand réformateur Bouddha. W.-^Philosophie de Bouddha, — Sa métaphvsiaue et sa morale sont résumées dans les quatre vérités sublimes : l^ 1 existence sensible est une illusion ; 2<* le désir, qui résulte de cette existence, produit la douleur ; 3*^ l'illusion et la douleur de Texistcnce sensible peuvent cesser par le nirvana, qui est l'anéantissement de Texistence mobile au sein de Texistence immuable ; i^ on arrive au nirvana par le renoncement absolu à soi-même et par l'extinction de tout désir. — De là, dérive la morale bouddhiste: égalité morale de tous les hommes ; indépendance de la morale par rapport au sacerdoce; substitution des devoirs moraux aux

Sratiques religieuses; fraternité universelle, devoirs de charité, de ouceur, de pardon, d'humilité, de tolérance. — Malgré sa pureté, la morale du bouddhisme est trop mystique et trop contemplative : l'idée de la charité y est admirablement développée, l'idée du droit en est absente; les vertus civiles et politiques sont sacrifiées en Orient aux vertus mystiques et religieuses.

II. — DOCTRINES PHILOSOPHIQUES DE LA PERSE. ~ ZOIDASTRE. I. — L'idée qui domine la métaphysique de Zoroastre (660 ans avant J.-Ch.) n'est plus celle du panthéisme, mais celle du dualisme. Le monde est un mélange de lumière et de ténèbres, de vérité et de fausseté, de bien et de mal. — Ormuzd, principe du bien, est la Pensée; il a produit le monde par l'intermédiaire de la parole éternelle ou du Verbe, expression de la vérité et de l'intelligence. — Ahriman, principe du mai et des ténèbres, est la matière : le bien va l'emportant sans cesse sur le mal et Ormuzd aura la dernière victoire. — 11. La morale de Zoroastre est conforme à sa métaphysique : le bien moral est la vérité, dont l'expression est la sincérité des paroles et la pureté des actions. De là, le culte des Perses i>our la sincérité et la pureté, images de la lumière visible et de la lumière invisible, qu'ils adorent sous le symbole du feu.

m. - D3CTIINES PHILOSDPHIOOES DES tELTCS ET GAULOIS.

Les sages de la Gaule ou druides enseignaient déjà de hautes doctrines où s exprime le génie particulier des peuples gaulois : culte de la personne, amour de la liberté et mépris de la mort. Le dévouement est considéré comme la première des vertus, parce qu'il résume en lui ce» trois sentiments. Les idées métaphysiques auxquelles se rattachent ces croyances morales sont la notion de la volonté libre et celle de l'immortalité. Développement original d(^ la foi à une autre vie chez les Gaulois : survivance désaffections et possibilité de redescendre sur cette terre par dévouement pour autrui ; cercle des transmigrations et cercle de la félicité ; absence de l'idée des peines éternelles et croyance au progrès de tous les êtres.

Page 1